Sénégal-Foncier-Genre

Sénégal : une campagne pour promouvoir le droit foncier des femmes

APA-Dakar (Sénégal)

L’objectif à terme est de contribuer au plaidoyer pour réduire les gaps entre les lois et les pratiques autour du droit foncier des femmes.

Les initiateurs de la campagne « Stand For Her Land » (debout pour réclamer ses terres) ont organisé, lundi 24 octobre, une visite de sites pilotes à Niague (périphérie de Dakar).

La campagne « Stand For Her Land » (S4HL) financée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) vise à combler le fossé existant entre les lois et les pratiques foncières en vue d’une effectivité et d’une sécurisation des droits fonciers des femmes.

Elle est déroulée dans trois pays africains (Sénégal, Ethiopie, Ouganda) et est motivée par plusieurs constats qui rendent difficiles l’accès des femmes à la terre. Il s’agit, entre autres, du faible accès des femmes aux ressources foncières et productives qui s’explique par la prééminence des croyances et pratiques culturelles en matière foncière sur la législation qui octroie à la femme un droit  d’accès au foncier au même titre que l’homme ; de la raréfaction de la terre qui est une ressource statique,  elle ne grandit pas alors que la population, elle, progresse ;et de l’accaparement des terres à grande échelle  qui  réduit les chances d’accès des femmes à la terre.

Appuyée par Landesa et International Land Coalition, la Campagne S4HL est pilotée au Sénégal par l'Institut panafricain de recherche, de formation et d'action pour la citoyenneté, la consommation et le développement en Afrique (Cicodev Africa) en sa qualité de coordonnateur de l’Alliance nationale femmes et Foncier.

« Il faudra contribuer au plaidoyer pour réduire les gaps entre les lois et les pratiques autour du droit foncier des femmes. Spécifiquement, la campagne vise à dynamiser l’Alliance pour en faire une plateforme durable en faveur des droits fonciers des femmes ; engager et renforcer les parties prenantes en termes de connaissances et de ressources pour le plaidoyer en faveur des droits fonciers des femmes ; engager les communautés locales dans la réalisation des droits fonciers des femmes », a expliqué Ngoné Ngome, coordonnatrice de la campagne.

Le changement voulu dans le cadre de cette campagne, c’est de voir les femmes devenir conscientes et capables de défendre leurs droits fonciers au regard de toutes ces lois qui leur sont favorables.

« A travers la campagne Stand For Her Land, il faudra bien former les femmes pour en faire des relais démultiplicateurs auprès de leurs communautés. Il nous faudra travailler à disposer de données que les femmes doivent utiliser pour mener le plaidoyer par elles et pour elles », a dit Esther Muini, global advocacy director de ladite campagne.        

Pour Maguette Ndiaye relais foncière au collège national des femmes du Cadre national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), « si nous parvenons à la fin de ce projet de cinq ans à augmenter le pourcentage des femmes ayant accès à la terre, le pourcentage des femmes capables de valoriser leurs terres et le pourcentage des femmes étant autonomes, nous pourront dire que nous avons réussi notre campagne ».

TE/APA

Réagir à cet article