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Covid-19 : la prévention, choix naturel pour l’Afrique

APA-Dakar (Sénégal) Par Ibrahima Dione

L’Afrique, relativement touchée par le coronavirus, enclenche une course contre la montre pour briser les chaînes de transmission de ce virus mortifère.

Le triste sort de l’Italie, entièrement mise en quarantaine, en dit long sur la puissance déstabilisatrice du Covid-19. Cette maladie, dont le berceau est la ville de Wuhan (centre de la Chine), a mis à genoux ce pays européen en un temps express.

« Le pire scénario est que nous ayons des centaines de cas », admet Aloyse Diouf, le Directeur de cabinet du ministre sénégalais de la Santé et de l’Action sociale. Pour ne pas arriver à ce stade critique, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Directeur Général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise « une surveillance robuste pour trouver, isoler, tester et traiter chaque cas, afin de briser les chaînes de transmission ».

Ce conseil, s’il s’adresse au monde entier, trouve toute sa pertinence en Afrique où tous les pays ne disposent pas des équipements indispensables pour effectuer des tests fiables du coronavirus.

De plus, une frange de la population africaine n’a pas encore pris conscience de la gravité de la situation. Sur son compte Twitter, le président sénégalais Macky Sall, dont le pays compte 4 cas, appelle ses compatriotes « au respect strict des consignes des services de santé et de sécurité pour éviter la propagation de la maladie ».

Le médecin Aloyse Diouf, pour faciliter la détection précoce des cas, recommande de se rendre à la structure de santé la plus proche « quand vous avez des maux de tête, de la fièvre ou des courbatures ».

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La panique ambiante, notamment dans les pays développés, autorise à dire que l’Afrique a tout intérêt à contenir le Covid-19. Au-delà du virus, la peur s’est propagée comme une traînée de poudre sur la planète. Elle n’épargne même pas l’Australie voire les Etats-Unis.

Cela se matérialise par des mesures draconiennes comme la fermeture des frontières, l’interdiction de voyager dans les zones contaminées pour les ressortissants, l’entrée interdite pour les passagers en provenance ou ayant transité par une ou plusieurs zones contaminées.

Des pays africains, de peur de porter un coup à leur économie, tergiversent quant à la stratégie à adopter. « Actuellement, le Sénégal enregistre des cas importés. Mais ils peuvent se transformer en cas communautaires. Il faudrait limiter l’arrivée des populations en provenance des zones à risque », tranche Dr Amadou Yéri Camara, le Secrétaire Général du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames).

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En tout cas, la Mauritanie, la Sierra Leone, la Somalie, Madagascar, l’Ile Maurice, les Comores et les Seychelles n’ont pas tardé à appliquer des restrictions de circulation. Au total, douze pays africains sont, en ce moment, concernés par la pandémie : Egypte (67 cas), Algérie (24 cas), Afrique du Sud (17 cas), Tunisie (7 cas), Maroc (6 cas), Sénégal (8 cas), Cameroun (2 cas), Burkina Faso (2 cas), Nigeria (2 cas), Togo (1 cas), République Démocratique du Congo (1 cas) et Côte d’Ivoire (1 cas).

ID/te/APA

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