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A Brazzaville, le coronavirus met en rupture chloroquine et masques

APA-Brazzaville (Congo) De notre correspondant: Léon Charles Moukouri

La chloroquine - censée guérir le covid-19 - et les masques de protection prévus contre cette épidémie partie de Chine en décembre et qui continue de se propager dans le monde, sont presqu’en rupture dans la capitale congolaise, a constaté mercredi le correspondant d’APA.

Beaucoup de Congolais continuent de se réveiller la peur au ventre après  que la ministre de la Santé a annoncé la mise en quarantaine de 93 personnes venant de la Chine et d’autres pays touchés par  le virus du covid-19. Pour se prémunir, ils ont pris d’assaut les pharmacies pour s’approvisionner en masques mais surtout en chloroquine.

D’ores et déjà, « nous avons connu une intense affluence de Chinois qui ont acheté des grandes quantités de masques et de chloroquine pour les acheminer ensuite dans leur pays », a confié à APA Julian Benezeth, gérant français de la pharmacie Mavré de Brazzaville, soulignant que « nos stocks sont épuisés ».

Médicament antipaludique, la chloroquine continue d’être vantée pour sa supposée efficacité contre le Covid-19 même si, « pour l’instant, l’OMS reste muette » sur la question là où une autre frange de la communauté scientifique estime que les preuves manquent. Par ailleurs, la fièvre est l’un des symptômes que cette nouvelle maladie très particulière partage avec le paludisme.

« S’il est vrai que la chloroquine guérit du coronavirus, alors Dieu merci, j’ai pu avoir quelques boîtes, car je vis dans une grande famille », se réjouit le fonctionnaire à la retraite Clotaire Bakoua, à l’opposé de Hilaire Nganga, un jeune enseignant qui  dit avoir fait le tour des pharmacies sans avoir gain de cause.

Précautions

« Comme partout ailleurs, ces produits sont en rupture », a-t-il déploré, notant par ailleurs qu’il continue d’appliquer les mesures édictées par le gouvernement pour éviter le coronavirus.

Pour la commerçante Angélique Mbou, venue elle aussi chercher de la chloroquine, son inquiétude est poussée au sommet après qu’elle a appris que le virus s’est propagé dans six pays africains. « Donc la menace est réelle », pleure-t-elle, avant de s’interroger sur les réels efforts du gouvernement pour acheter plus de chloroquine vu que « les médias rapportent que ce médicament, qui dans le passé  n’était utilisé que comme un antipaludique, serait efficace contre le covid-19  ».

« Que ferons-nous pour y faire en présence d’éventuels cas avérés ? » 

Comme pour tenter de répondre à cette question d’Angélique Mbou, le Congo a reçu une quantité importante de réactifs de la part de l’ambassade des Etats-Unis. Il a mis également en place un plan de riposte contre le coronavirus qui devra permettre de mettre « systématiquement » en quarantaine, pour 14 jours, tous les voyageurs en provenance des pays à risque.

De plus, des appareils sont placés dans tous les points d’entrée et sortie (aéroports, port et voies terrestres) du pays pour détecter les éventuels cas de covid-19. 

Mais pour le pharmacien Julian Benazeth, « seules des précautions hygiéniques » peuvent efficacement protéger les populations, comme l’a d’ailleurs recommandé le gouvernement congolais aux citoyens.

« En ce qui me concerne, j’observe ces mesures hygiéniques essentielles qui sont entre autres : se laver les mains, éviter les contacts directs et éviter des zones à risque », confie M. Benazeth.

LCM/odl/cgd/APA

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