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Cameroun : l’opposant Kamto dénonce «la course quotidienne vers l’incertitude»

APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition), Maurice Kamto a dénoncé, dans un message à la jeunesse depuis sa cellule du Groupement spécial des opérations (GSO, police) à Yaoundé, la capitale du pays, «la course quotidienne vers l’incertitude» où le régime conduit le pays.

En garde à vue depuis deux semaines, accusé d’attroupement, rébellion en groupe, hostilité à la patrie, insurrection, trouble à l’ordre public, association de malfaiteurs, incitation à l’insurrection et complicité, il a réitéré sa détermination à mettre en œuvre la continuité du Plan national de résistance arrêté par sa formation, et dont les marches réprimées du 26 janvier dernier constituaient une étape cruciale.

S’adressant à ses jeunes compatriotes, à l’occasion de la célébration lundi de la 53ème édition de leur Fête nationale, il a demandé à ceux-ci de «rester vigilants, face à cette volonté d’empêcher la pleine expression d’une pensée contradictoire dans l’espace public camerounais».

La réaction brutale, inexplicable et injustifiée du pouvoir à des manifestations pacifiques menées dans le strict respect de la Constitution et des conventions internationales dont le Cameroun est partie renseigne, selon M. Kamto, sur le dangereux virage pris par ceux qui dissimulent leur haine de la démocratie et des libertés publiques sous les oripeaux du maintien de l’ordre public.

Et d’appeler ses jeunes compatriotes à rester vigilants, face à cette volonté d’empêcher la pleine expression d’une pensée contradictoire dans l’espace public camerounais, le pouvoir «illégitime» utilisant pour cela divers outils dont l’un des plus redoutables est l’agitation des passions basées sur la stigmatisation identitaire.

Pour le leader du MRC, classé 2ème à la dernière élection présidentielle derrière le chef de l’État sortant, Paul Biya, le tribalisme est l’arme qu’utilisent ceux qui n’ont pas d’arguments pour défendre le bilan de 36 ans de corruption et de détournements de fonds généralisés, mais aussi l’arme de ceux qui veulent que les jeunes se détournent des nombreux scandales financiers liés à l’organisation foireuse de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2019, à l’échec des projets structurants tant vantés, à la misère généralisée au sein de la population, au moment où eux bénéficient de nombreux privilèges dont les soins de qualité à l’étranger aux frais du contribuable.

Maurice Kamto a également appelé les jeunes du Cameroun à rester mobilisés pour la défense de leurs droits et libertés fondamentaux, les exhortant en outre à profiter de cette journée du 11 février 2019, non pour des réjouissances dont le but est de les distraire, mais pour mener une réflexion profonde et méditative sur l’avenir du pays.



FCEB/te/APA

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