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    CEMAC : le secteur bancaire « est très vulnérable » aux chocs pétroliers (étude)

    APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola –

    Le secteur bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) «est très vulnérable aux chocs sur le cours du pétrole», dont l’influence peut atteindre 60% de la valeur de la stabilité bancaire (ISB), selon une étude publiée par des chercheurs de la Banque centrale (BEAC).

    Intitulée «Stabilité bancaire et stabilité macroéconomique dans la CEMAC», cette enquête montre que les déséquilibres macroéconomiques (interne et externe) de la sous-région affectent la stabilité de son système bancaire, les chocs susceptibles d’induire l’instabilité pouvant expliquer en moyenne 15% des fluctuations dans la zone.

    Selon l’indicateur de stabilité bancaire, calculé sur la période 1993-2016 par agrégation des différents critères, en moyenne sur les récentes années, le Cameroun, la Centrafrique (RCA) et le Congo ont affiché des performances plus élevées en matière de stabilité bancaire que le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad.

    Depuis la chute des cours du baril en 2014, l’ISB annuelle de la CEMAC a, selon le document, connu une dégradation mais est restée dans la zone de risque modéré avec toutefois, par ordre de fragilité croissante au cours des récentes années, le Cameroun qui détient le secteur bancaire le plus solide suivi de la RCA, du Congo, de la Guinée Équatoriale, du Gabon et du Tchad.

    Notant la forte dépendance de toutes les composantes (réelle et financière) des économies de la sous-région à la dynamique des cours du pétrole, principal produit d’exportation de la sous-région, le rapport constate que son système bancaire a connu une grande phase de stabilité, marquée par une surliquidité, à la suite du boom pétrolier du début des années 2000, l’assèchement de la liquidité étant intervenue avec la chute drastique des cours du pétrole enregistrée dès mi-juin 2014.

    Un effet indirect du pétrole transitant par les réserves de change et affectant la stabilité bancaire à près de 20% dès le deuxième trimestre, le poids du pétrole en zone CEMAC atteint, selon les chercheurs, près de 40% au bout de 8 trimestres autrement dit, à l’issue d’un choc négatif et persistant sur les prix du pétrole, 40% des réserves peuvent être affectées au bout de 2 ans.


    FCEB/cat/APA

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