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    Côte d’Ivoire-Afrique-Environnement

    Déchets dangereux et radioactifs : le continent africain refuse d’être le dépotoir de l’Occident (Papier d'angle)

    APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)

    L’importation et le déversement des déchets dangereux et radioactifs en Afrique préoccupent les Etats du contient qui refusent d’être le dépotoir du monde occidental afin de préserver leurs populations contre les conséquences environnementales et sanitaires du déversement de ces déchets.

    La problématique de la gestion des déchets dangereux est au centre de l’atelier de trois jours de la deuxième Conférence des parties à la Convention de Bamako (COP2) en cours à Abidjan pour plaider pour une Afrique sans pollution.

    Un continent qui pendant longtemps a été la destination finale de certains déchets dangereux produits par de nombreuses entreprises occidentales.

    En 1988, un homme d’affaires italien a illégalement déversé plus de 2000 fûts, sacs et conteneurs remplis de déchets dangereux à Koko, un petit village de pêcheurs au Sud du Nigéria, les présentant comme des engrais qui aideraient les paysans pauvres.

    La situation s’est transformée en cauchemar  quelques mois plus tard lorsque les conteneurs ont commencé à fuir, causant  des maux d’estomac, des maux de tête, des problèmes de vue et des décès au sein de la population locale qui parle encore de cet incident.

    En août 2006, le Probo Koala, un cargo pétrolier battant pavillon panaméen, appartenant à une compagnie grecque et  affrété par la multinationale  hollandaise et suisse de négoce de matières premières, Trafigura, a déversé plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques à Abidjan ayant causé la mort de 17 personnes et intoxiqué plusieurs milliers d’autres (43 492 cas d'empoisonnement confirmé et 24 825 cas probables, selon l’Institut national de l’hygiène publique +INHP+).

    Si, selon Ibrahim Thiaw, le directeur exécutif adjoint du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) estime, dans le cas du Probo Koala,  que ‘’les risques de contamination sont écartés et l’incident clos’’, il n’en demeure pas moins que ‘’ces exportations illégales et illicites des déchets du Nord vers le Sud constituent des atteintes aux dispositifs juridiques internationaux et nationaux en vigueur dans le cadre de la Convention de Bâle’’, comme l’a stigmatisé la ministre ivoirienne de l’Environnement, Anne Désirée Ouloto.

    A l’évidence, il appartient aux Etats africains de mettre un point d’honneur à la lutte contre le mouvement transfrontalier des déchets dangereux et déchets rétroactifs pour épargner le continent des cas comme ceux de Koko et du Probo Koala.

    Si l’Afrique veut vraiment refuser d’être la poubelle du monde, il appartient aux dirigeants de résoudre les difficultés perceptibles dans la mise en œuvre de la convention de Bamako entrée en vigueur depuis 1998 après son adoption en 1991. 

    Vingt-sept ans après son adoption, on assiste encore à une adhésion timide des Etats africains à la Convention de Bamako (25 pays seulement sur 54 l’ont ratifiée), les contributions des Etats parties traînent... Autant de défis à relever pour atteindre les objectifs d’un continent ‘’sans pollution’’.

    HS/ls/APA

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