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    Ethiopie-Electricité

    Ethiopie: Le délestage répétitif d’électricité freine l’activité commerciale

    APA-Addis Abeba (Ethiopie)

    En cette saison pluviale la capitale éthiopienne, Addis-Abeba connaît des délestages fréquents, réguliers et intempestifs d'électricité, sans aucun préavis de la part de la compagnie en charge de la distribution d’eau et d’électricité, une situation préjudiciable qui aura pour conséquences de ralentir tout type d'activité et en particulier l'économie mais crée aussi un malaise social.

    D’aucuns pensent que l’Ethiopie, à elle seule, a l’énorme potentiel d’éclairer tout un continent et elle le peut. Mais, la situation actuelle est autre. Des équipements vieillissants, mal entretenus, inefficients, des déficits en formation et l’absence de normalisation, standardisation et coordination, sont autant de facteurs qui laissent le pays incapable d’assurer l’électrification de l’ensemble de son territoire.

    Situation paradoxale. Comment un pays qui exporte de l’énergie électrique à ses voisins notamment le Kenya, Djibouti et le Soudan en contrepartie de sommes importantes en devises, peine à éclairer son territoire. Addis-Abeba en est l’exemple le plus saillant où de nombreux quartiers sont privés d’électricité une fois la pluie tombe.

    En Ethiopie, le commerce des générateurs est florissant. De nombreux foyers économisent de l’argent pour se doter de générateurs dans un pays considéré comme un géant énergétique par les ressources dont elle dispose, mais un nain électrique par les capacités réelles sur lesquelles elle peut s’appuyer aujourd’hui.

    Les institutions régionales et internationales basées à Addis-Abeba, notamment l’Union africaine et la Commission Economique de l’ONU pour l’Afrique dépensent des sommes colossales pour faire fonctionner leurs géants machines générant l’électricité.

    Le délestage électrique affecte en premier lieu les petits commerces qui constituent le segment névralgique de l’activité économique. Ce qui est navrant !. A chaque coupure d’électricité, les restaurants, les business center ou encore les boutiques se trouvent dans l’obligation de fermer le temps où l’électricité revienne, pas d’horaires précis.

    « Chaque jour que le bon Dieu fait, on prie pour qu’il n’y a pas de coupure d’électricité. Notre gain pain dépend de l’énergie électrique », a lancé Azeb, une propriétaire d’un centre de photocopie, ajoutant que son commerce perd la moitié des bénéfices une fois l’électricité est coupée.

    Même tonalité chez Mekonen, gérant d’un snack, qui a tiré à boulets rouges sur la compagnie de distribution d’eau et d’électricité. « Ils coupent l’électricité sans que nous soyons avisé. On paie notre la facture et on est en règle, mais pourquoi ils nous privent de l’énergie électrique ? ». « Tout le monde doit se soulever contre cette situation désastreuse », a-t-il lancé d’un air énervé.

    Bereket, commerçant de métier, est allé plus loin en demandant que cette question soit débattue à haut niveau notamment au sein du parlement éthiopien, s’interrogeant : « Comment un pays qui vend de l’électricité aux autres, n’a pas d’électricité sur son territoire ? », une question que seuls les responsables de ce secteur peuvent en apporter la réponse.

    Il est à rappeler que l’Ethiopie, l’une des économies les plus performantes de l’Afrique, œuvre pour devenir le principal exportateur d'énergie du continent en exploitant les nombreuses rivières qui traversent ses hauts plateaux.

    Ce pays d’Afrique de l’Est, qui dispose d’un énorme potentiel énergétique pouvant atteindre jusqu’à 45.000 MW pour le seul segment d'hydroélectricité, s'efforce d'augmenter sa capacité de production à 17.347 MW d'ici à 2020 par le développement de barrages hydroélectriques et d'autres sources d'énergie renouvelables.

    A l’horizon 2025, le pays ambitionne ainsi d'élever sa capacité hydroélectrique à 40.000 MW, principalement grâce aux eaux du Nil. Le barrage de la « Grande Renaissance », un autre projet en construction sur le Nil bleu, doit atteindre une capacité annoncée de 6.000 mégawatts.

    Malgré ce potentiel énorme de production électrique, l’Ethiopie n’arrive pas à subvenir à la demande locale en électricité, une demande en croissante rapide. En attendant des jours meilleurs.

    HA/APA

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