Gambie - Gouvernance - Justice

Gambie : Yahya Jammeh dans le radar de la justice

APA-Banjul (Gambie)

Le gouvernement donne son feu vert à un procès de 70 personnes dont l’ancien président (1994 - 2016) conformément aux recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparations.

C’est un début de réponse aux maux des familles de victimes. En Gambie, le régime autoritaire de Yahya Jammeh est accusé d'avoir brisé des vies. Auteur du coup d’Etat du 22 juillet 1994 contre Dawda Jawara, le père de l’indépendance du pays, le jeune lieutenant de l’armée d'alors a dirigé le plus petit État d’Afrique continentale en termes de superficie d’une main de fer.

Devenu dictateur, Yahya Jammeh réduisait au silence les voix gênantes notamment en politique, dans la presse et la société civile. Sa défaite à l’élection présidentielle de 2016, face à l’actuel président Adama Barrow, a été vécue par la population terrorisée comme une libération. En exil en Guinée équatoriale, il est maintenant rattrapé par son passé.

Yahya Jammeh et les principaux responsables de son régime doivent répondre devant la justice de crimes commis pendant une vingtaine d’années. En novembre dernier, le ministère gambien de la Justice a reçu les recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC, sigle en anglais), chargée d’enquêter sur ces faits, pour l'organisation d'un procès.

« Reporters Sans Frontières (RSF) salue les décisions inédites prises par le gouvernement gambien aujourd'hui. Il faut désormais traduire en actes concrets cet engagement. Après plus de 20 ans de lois répressives sur les médias, d'arrestations arbitraires, d'actes de tortures et de meurtres de journalistes, Yahya Jammeh doit être jugé par les tribunaux gambiens ou sur la base de la compétence universelle », a réagi Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique de l'Ouest de RSF, dans un communiqué reçu à APA.

ID/APA

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