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    Cameroun-Presse-Revue

    La crise des libertés publiques et sécuritaires fait les choux gras de la presse camerounaise

    APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola –

    Le nouveau discours officiel portant sur les libertés publiques passionne les journaux camerounais parus vendredi, qui s’émeuvent également de la montée des crises socio-politiques dans le pays

    Le titre, couleur rouge et qui barre la couverture du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : «Expression des libertés publiques : le recadrage de la Cour suprême», semble sans équivoque ainsi que l’explication qui l’accompagne.

    Présidant, la veille, la rentrée solennelle de la haute juridiction son premier président, Daniel Mekobe Sone, a fermement mis en garde les citoyens qui se mettent délibérément en marge de la loi, appelant de ce fait le législateur à adopter des lois conséquentes qui régiront la liberté d'expression, en particulier à l'ère des médias sociaux.

    En matière de libertés publiques, M. Mekobe Sone, répond en écho Mutations, est un «juge partial» en ce sens que sa dénonciation de la «démesure» des forces de l’opposition politique ignore, dans le même temps, les abus commis par le pouvoir contre ses adversaires.

    «Bienvenue en dictature !» ose Le Jour en énormes caractères sur fond noir, comme pour bien souligner la gravité du contexte. Et son éditorialiste de se déchaîner : «Le Tribunal militaire, grand théâtre de ce concert au goût douteux, se souille des chairs écrasées et du sang des innocents. L'armée, la police sont les complices de cet asservissement au profit d'une toute petite poignée. Ils souillent leurs vareuses en s'abaissant à cette besogne sans honneur.»

    On torture à ciel ouvert, afin que tous ceux qui sont tentés de lever la tête restent où ils sont. Arrêter, emprisonner, torturer. Le rythme de la dictature est donné. Il fallait quelque chose d'harmonie à cette partition dictatoriale ? Les lois scélérates de la lutte contre le terrorisme sont là, qui donnent un semblant de légalité à tous les forfaits qui se trament.

    Le pays va donc mal, soupire la publication, et le dire c'est commettre le crime de lèse-majesté ; l'exprimer, c'est être hostile à la patrie, selon le lexique fleuri de la Justice militaire qui juge des civils.

    Et l’un de ces signes extérieurs d’oppression est donné par InfoMatin à travers le cas du maire de Bafang (Ouest) Pierre Kwemo, président de l’Union des mouvements socialistes (UMS, opposition)qui vient de voir son meeting, projeté dimanche prochain dans la ville dont il est l’édile, interdit par l’autorité préfectorale pour «menaces de troubles graves à l’ordre public».

    Libéré sous caution le 12 janvier, après un mois d’incarcération à la prison centrale de la capitale, Yaoundé, pour des accusations de «pillage en bande», le leader politique, déplore Mutations, vient de voir sa fête gâchée alors qu’il ne souhaitait que dire, de vive voix, sa reconnaissance à ses milliers de partisans s’étant mobilisés pour crier à la forfaiture.

    La même publication, avec son confrère L’œil du Sahel, rapportent le décès du négociateur pour la libération des otages de la secte islamiste Boko Haram, le député Abba Malla Boukar, lui-même retenu en août 2014 en otage pendant près de deux semaines au Nigeria par le mouvement jihadiste.

    Et les deux journaux de rappeler que l’honorable Abba Malla Boukar a joué un rôle clé dans la libération de la famille française Moulin-Fournier, du prêtre belge Georges Vandenbeusch, des 10 ouvriers chinois à Waza et de la famille du vice-Premier ministre d’alors, Amadaou Ali à Kolofata, tous en captivité au Nigeria, un rôle qui a fait peser de lourds soupçons sur ses accointances avec la secte terroriste au point de conduire à une perquisition musclée à sa résidence du quartier Dougoy à Maroua (Extrême-Nord).

    Insistant dans le chapitre de l’insécurité, The Guardian Post signale l’enlèvement, la veille à Bamenda, dans la région anglophone du Nord-Ouest en proie à un violent conflit sécessionniste, du président local des journalistes anglophones (Camasej), Ambe Macmillian Awa, kidnappé par des hommes armés inconnus qui pourraient bien appartenir aux milices séparatistes.

    Les choses se dégradent de partout, semble suggérer le quotidien de langue anglaise au sujet de l’assistance aux nombreux réfugiés de la crise anglophone, des assauts de Boko Haram et de la situation socio-politique en République centrafricaine, et pour laquelle les Nations unies viennent de lancer une alerte aux fins de mobiliser 172 milliards FCFA dans l’urgence.


    FCEB/cat/APA

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