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    Tchad-Désertification-Lutte

    Le bois de chauffe presque introuvable à N’Djamèna

    APA-N’Djamèna (Tchad) -

    Principal combustible servant, surtout, à préparer le repas pour beaucoup de ménages tchadiens, le bois de chauffe est devenu subitement rare à N’Djamèna, depuis que le gouvernement a interdit son exploitation ainsi que sa vente sur toute l’étendue du territoire.

    Du coup, le peu de bois de chauffe qui reste dans les  marchés et autres lieux de négoce de N’Djaména se vend très cher.

    Les sites de stockage du combustible situés au bord du fleuve sont quasi déserts et on ne voit plus aux alentours les camions gros porteurs et les pirogues qui venaient le chercher sur place pour aller le revendre en ville.

    Les vendeurs ambulants circulant à bord des charrettes tractées par des chevaux ou des ânes ne sont également plus visibles dans les quartiers périphériques de N’Djaména, la capitale.

    «Le moment est difficile à supporter. Nous n’avons pas d’argent pour acheter le gaz comme les autres. Le bois de chauffe qu’on utilise est rare ou trop cher », se lamente Falmata Hassan Fadoul.

    Les tas de bois qu’elle achetait à 250 FCFA pour la cuisson des repas quotidiens coûtent maintenant 500 FCFA. D’où ce cri du cœur de la femme : « On ne sait quoi faire».

    La même angoisse habite les livreurs de bois de chauffe, désormais traqués par les agents des eaux et forêts. Auparavant, ils venaient des villages à la périphérie de la capitale ou de l’autre côté du fleuve Chari, jouxtant le Cameroun, pour vendre du bois de chauffe aux N’Djamenois.

    Pour poursuivre leur commerce, certains font presque circuler le combustible sous le manteau.

    «Ceux qui nous livrent le bois sont obligés, parfois, de venir à 1 heure du matin. Le jour où ils doivent me livrer, je veille toute la nuit. Ce n’est pas facile. Je ne comprends pas qu’un gouvernement cherche absolument à asservir sa population», s’emporte une revendeuse de bois de chauffe.

    Et la commerçante, âgée d’une cinquantaine d’années, de faire part de son regret de devoir augmenter le prix de ses combustibles tout en réduisant le volume de leurs tas.

    Comme alternative, beaucoup des ménages se sont tournés vers la bouse de vache, même si ce combustible dégage beaucoup plus de fumée que le bois de chauffe.

    «En utilisant la bouse de vache, la fumée vous dérange, en plus l’odeur est désagréable. Parfois, j’ai des démangeaisons au corps et je ne vois pas bien. La fumée nous étouffe dans la cuisine», déplore cette ménagère.

    L’interdiction du bois de chauffe a été décidée par le ministère de l’Environnement, après que des d’individus ont été récemment surpris en train d’abattre plusieurs arbres là où la réglementation leur permettait de s’en limiter au seul ramassage du bois mort.

     

    AHD/cat/APA

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