Cameroun-Presse-Revue

Le futur Grand dialogue national toujours à la une des journaux camerounais

APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola –

Les tractations en vue du Grand dialogue national, prévu du 30 septembre au 4 octobre pour la résolution de la crise sécessionniste anglophone, continuent de meubler les colonnes des journaux camerounais parus jeudi.

Le moins que l’on puisse en penser, à la lecture de la grand manchette de Défis Actuels, est que les consultations entamées depuis une semaine par le chef du gouvernement sont controversées. Affichant une photo de Joseph Dion Ngute saluant chaleureusement Victor Mukete, l’une des autorités traditionnelles les plus respectées de la communauté anglophone, la publication affirme, pour s’en étonner, que les leaders des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pourtant les premiers concernés par le malaise ayant conduit à la lutte armée depuis 3 ans, sont «ignorés» du casting.

N’empêche, répond en écho le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, que l’opposition, en dépit de certaines réserves, joue bien le jeu de la démocratie avec, pour la seule journée de mercredi, pas moins de 30 formations ayant été reçues en audience par le chef du gouvernement.

Les appels au dialogue montent, acquiesce Mutations, rendant également compte du ballet des forces vives à l’Immeuble étoile abritant les services du Premier ministre.

Sous le titre «Grand dialogue national : Maurice Kamto met Dion Ngute dos au mur», Le Messager, mais aussi son confrère Le Jour, relaient ainsi les termes du mémorandum remis la veille au Premier ministre par des représentants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition), lequel conditionne sa participation à la grande palabre, notamment par la libération de son leader, emprisonné depuis janvier dernier avec une centaine de ses partisans pour avoir contesté l’élection de Paul Biya à la dernière présidentielle.

«Le MRC se perd-il ?» s’interroge lourdement L’Épervier : non seulement cette formation est loin de constituer une solution à la crise anglophone, mais en plus son président, ne serait-ce que pour les accusations de «rébellion» qui pèsent sur lui et qui comptait profiter du Grand dialogue pour obtenir son élargissement, sera bel et bien condamné par la justice de son pays.

Soupçonné par l’opposition et une bonne partie de la société civile de vouloir verrouiller le jeu, le gouvernement reçoit également le soutien mitigé de la Grande Bretagne dont un des diplomates, en poste à Yaoundé et cité par The Post, tout en soutenant le principe de la discussion, dit attendre la matérialisation concrète de l’offre de dialogue pour juger de la sincérité du régime.

La même posture expectante semble régner au sein du patronat, si l’on en croit Le Financier d’Afrique : les milieux d’affaires locaux, outre la pacification des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, réclament un véritable Plan Marshall ainsi que des mesures incitatives pour relever l’économie desdites zones, et par ricochet celle du pays qui pâtit violemment de l’insécurité.

Les atrocités des indépendantistes ambazoniens ont ruiné la lutte pour l’accession à la souveraineté des régions anglophones, soupire, dans le quotidien à capitaux privés de langue anglaise The Guardian Post, un des leaders séparatistes en exil.

Pour Ouest-Echos, c’est «la grande embrouille» : non seulement l’aile politique sécessionniste est décapitée et exclue du Grand dialogue, mais en plus le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir) «a déjà tout verrouillé» alors que les partis de l’opposition se présentent en rangs dispersés.


FCEB/cat/APA

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