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    Côte d'Ivoire-Economie

    Le gouvernement ivoirien annonce une « taxe de développement touristique »

    APA-San Pedro (Côte d'Ivoire)

    Le ministre ivoirien du Tourisme et des loisirs, Siandou Fofana, a annoncé jeudi à San-Pedro (Sud-ouest) une « taxe de développement touristique » en vue de constituer un fonds d'investissement visant à créer des champions nationaux.

    M. Siandou Fofana s’exprimait devant des acteurs du secteur touristique, à San-Pedro, une cité balnéaire abritant le deuxième port ivoirien, lors d’une visite touristique dans le Sud-ouest du pays, prévue du 15 au 19 mai 2019. 

    Il présentait notamment le Programme « Sublime Côte d'Ivoire », une stratégie nationale de développement du secteur touristique à l’échéance 2025, qui concerne toutes les régions du pays et vise à explorer et valoriser le potentiel touristique du pays. 

    « Nous allons constituer un fonds de développement (…) qui ne vise qu'à créer des champions nationaux », a dit M. Siandou Fofana aux acteurs du secteur, avant d’ajouter « cela revient au développement de votre secteur, au risque d’en pâtir ».

    « Cette taxe viendra vous épauler et vous accompagner efficacement (car) on ne peut développer les PME que par des structures d'appui et d'accompagnement », a-t-il poursuivi, évoquant la mise à disposition d’allocations qui ne peuvent qu'être alimentées que par une fiscalité et une parafiscalité.  

    Il a invité les acteurs du secteur du tourisme, dans leur ensemble, à accepter d’être « de bons citoyens pour que le secteur s’en sorte », tout en leur demandant de prendre leur « place » dans cette dynamique afin qu'ils ne soient pas relégués par les géants mondiaux du secteur. 

    Cette stratégie qui s’inscrit dans la vision du Programme Sublime Côte d'Ivoire, devrait en outre permettre de créer une école de perfectionnement des cadres du secteur et des managers des activités touristiques et hôtelières.  Ce qui devrait par ailleurs permettre de rendre le secteur plus compétitif. 

    Soutenant ses propos, M. Siandou a fait savoir que cette expérience s’est faite dans le domaine routier avec la Taxe spécifique unique sur le carburant à usage routier, qui a permis de relever le fonds d’entretien routier de 5 à plus de 250 milliards Fcfa, aujourd'hui. Un projet qu'il a initié.  

    « Aucune entreprise dans ce domaine ne pouvait compétir avec Colas ou Bouygues (des géants mondiaux), mais aujourd'hui la plupart des entreprises qui réalisent les routes en Côte d'Ivoire sont des entreprises de nationalité ivoirienne et cela s’est fait en moins de dix ans », a-t-il souligné.

    « C’est possible que vous soyez des majors et que vous ayez vos propres marques et de grandes marques », a-t-il lancé, indiquant que le Programme Sublime Côte d’Ivoire dont le financement est estimé à 3.200 milliards Fcfa intègre des réformes et des circuits touristiques. 

    L’Etat ivoirien prévoit environ 3.500 hectares de zones touristiques à classer et développer  ainsi qu'un centre de formation d’élite régional qui devrait permettre de former 230.000 professionnels du secteur du tourisme en Côte d'Ivoire.   

    Le programme Sublime Côte d'Ivoire comprend 18 projets et neuf reformes phares à mener d’ici à 2025, avec entre autres, la création de Abidjan business city, une plateforme de 1.000 chambres comprenant un centre de congrès, sur la route de Abatta, à l’Est de la capitale économique. 

    La Côte d'Ivoire, troisième destination du tourisme d’Affaires en Afrique après le Nigeria et le Maroc, veut développer des circuits touristiques, notamment La promenade du monde sur le Boulevard de Marseille à Abidjan, un espace où l‘on trouve les recettes culinaires de tous les continents.

    Il est en outre prévu Abidjan médical city, un parc d’attraction dénommé Akwaba parc, et les circuits touristiques Au paradis entre mer et nature, La route des rois,  La route des éléphants  (Man, Mont Sangbé, San-Pedro) et La route des esclaves. 

    La Côte d'Ivoire envisage de devenir un hub touristique sur le continent et une destination de référence en Afrique de l’Ouest avec 5 millions de visiteurs à l’horizon 2025. Ce qui requiert la mise en œuvre d’infrastructures routières, aéroportuaires, sécuritaires et une bonne formation des acteurs.   

    AP/ls/APA

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