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    Côte d’Ivoire-Economie

    Le PM ivoirien annonce des mesures face au non-respect du prix bord champ du cajou

    APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)

    Le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a annoncé jeudi des mesures face au non-respect du prix bord champ de la noix de cajou, cédée dans certaines régions du pays « autour de 250 Fcfa à 300 Fcfa » le Kg au lieu de 375 Fcfa, le prix indicatif, face à la presse.

    « On nous a indiqué que dans certaines régions, les prix d’achat de l’anacarde oscillaient plutôt autour de 250 Fcfa à 300 Fcfa dans le meilleur des cas et non 375/Kg Fcfa qui est le prix indicatif », a dit M. Coulibaly lors d’une conférence de presse à la primature.  

    Il a annoncé « un point au niveau du comité interministériel sur le déroulement de la campagne qui vient de s’ouvrir mi-février pour voir les difficultés ». Le Premier ministre qui relève avoir été «interpellé », a « eu déjà à interpeler le directeur du Conseil coton-anacarde », organe chargé de réguler la filière.

    « L’une des raisons évoquées, c’est que les acheteurs considèrent que les exportateurs aujourd'hui ne leur donnent pas les financements qui sont nécessaires », a-t-il souligné, ajoutant « nous devons regarder pourquoi il y a cette rétention au niveau du financement de la campagne par les exportateurs ».

    Avec le Conseil coton-anacarde, le gouvernement ivoirien compte « prendre des mesures qui vont s’imposer pour faire en sorte que le prix indicatif puisse être respecté» aux fins que le prix de la noix de cajou soit respecté, a-t-il dit.

    Pour le chef du gouvernement ivoirien, la mesure structurelle qui permettra d’apporter une réponse idoine à cette spéculation en défaveur des paysans, c’est de transformer l’anacarde locale, pour leur garantir un prix rémunérateur.

    La Côte d'Ivoire, premier pays producteur mondial d’anacarde, projette environ 800.000 tonnes pour la campagne 2019 contre 761.000 tonnes l’année précédente. Le pays qui transforme en deçà de 10% a renforcé sa chaîne de valeur. 

    « Nous avons aujourd'hui un progrès en termes de capacité installée et les projections que nous avons nous indiquent que vraisemblablement en 2021, nous serons autour de 51% de transformation de l’anacarde », a fait savoir le Premier ministre ivoirien.

    En termes de volumes d’anacardes transformées, la Côte d'Ivoire enregistre « un peu moins de 69.000 tonnes de produits en 2018 », en deçà des objectifs que le Conseil coton-anacarde s’est fixé. L’objectif de transformation en 2019 est de 130.000 tonnes. 

    Outre la transformation, l’Etat ivoirien a décidé à travers le Conseil coton-anacarde de travailler à avoir des contrats avec un certain nombre de pays pour l’écoulement des produits. Et ce, afin de garantir des prix rémunérateurs aux paysans. 

    Dans cette perspective, des discussions ont été engagées  avec les Vietnamiens et les Chinois pour des quantités de l’ordre de 200.000 tonnes, a-t-il poursuivi, mentionnant que les sociétés avec lesquelles les transactions ont été faites devraient s’installer en Côte d'Ivoire pour transformer le cajou.

    Il s’agit de « contrats directs à des prix rémunérateurs » pour aider à offrir des prix rémunérateurs aux paysans, a-t-il insisté, admettant que cette année les cours sur le marché international sont «relativement bas ». 

    Vu le contexte international, l’Etat ivoirien a décidé de baisser de 25% le prix du Kg de la noix de cajou aux producteurs pour la campagne 2019 contre 500 Fcfa/Kg en 2018.  Avec l’ouverture de nouvelles unités industrielles dans le pays, la transformation devrait connaître un bond.

    AP/ls/APA

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