Cameroun-Presse-Revue

Pénurie de passeports et campagne électorale en couverture des journaux camerounais

APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola –

La pénurie de carnets de passeports, dans les services de l’émi-immigration du pays, préoccupent les journaux camerounais parus jeudi, qui restent néanmoins rivés sur le déroulement de la campagne pour le double scrutin législatif et municipal du 9 février.

Mais que se passe-t-il donc avec les passeports ? La question fait la grande manchette de Le Jour, constatant qu’à travers le pays, les citoyens peinent toujours à obtenir cette importante pièce de voyage, et ce en dépit des mesures prises par la délégation générale à la Sûreté nationale (police). Selon toute vraisemblance, ose la publication, le changement en 2019 de l’opérateur britannique, partenaire depuis plus de 40 ans, serait à l’origine des dysfonctionnements constatés.

 Dans les colonnes de Tribune d’Afrique, le directeur de la police des frontières, Jean Louis Messing me Nnanga, reconnaît certes le malaise, mais s’empresse aussitôt de rassurer quant aux dispositions prises afin d’endiguer le «petit flottement» constaté.

 Une fois cela précisé, l’hebdomadaire plonge aussitôt dans la campagne électorale qui bat son plein depuis samedi dernier à travers le pays. Pour annoncer, en même temps que Cameroon Tribune, La République, Réalités Plus, L’Indépendant, Sans Détour ou encore The Guardian Post, que le financement public de ces opérations de propagande, d’un montant total de 1,7 milliard FCfa, est disponible.

 La première tranche de ces fonds, qui s’élève à 850 millions FCfa, a été distribuée la veille aux formations en lice. L’autre partie, s’empresse de préciser Défis Actuels, sera débloquée après la campagne et au prorata des suffrages obtenus. Sauf que, objecte Le Messager, ce financement arrive bien tard, c’est-à-dire au moment où la campagne bat déjà son plein.

 Le duo ministère de l’Administration territoriale-ministère des Finances «fausse la campagne», renchérit Baromètre Communautaire : en mettant si tard cet argent à disposition, le gouvernement est bien conscient que les formations de moindre envergure sont désavantagées au profit du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) qui peut se permettre de jouir à sa guise des finances publiques, de la logistique et du personnel de l’État pour se déployer.

 Dans son quotidien de campagne, Cameroon Tribune s’intéresse aux stratégies des partis qui, passés les grands meetings d’ouverture, optent la plupart pour le porte-à-porte et le contact direct avec les populations. S’agissant spécifiquement des municipales, Mutations se lance dans un exercice d’inventaire des «gros bonnets et célébrités» que la mairie fait saliver, certains parmi eux n’ayant eu par le passé de véritable ambition que pour le pouvoir suprême, pour un strapontin de ministre ou de président d’une grande institution étatique.

 Qu’ils aient milité dans l’opposition ou au sein de la majorité, ceux-là ont connu des fortunes diverses et, à l’usure, ont dû réorienter leurs appétits, sans dire si c’est par instinct de survie politique ou par résignation.

FCEB/cgd/APA

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