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    Tchad-Société-Divers

    Quand les voleurs hantent les cimetières de N'Djamèna

    APA-N’Djaména (Tchad) De notre correspondant : Adam Hassane Deyé –

    Les voleurs sévissent de plus en plus dans les cimetières de N’Djamèna, la capitale tchadienne, où non contents de s’enfuir avec les motos des personnes venues enterrer leurs morts, ils subtilisent les panneaux solaires des châteaux d’eau érigés dans ces lieux funèbres.

    La recrudescence des vols est telle que plusieurs voix se sont élevées pour réclamer l’érection de postes de police ou de gendarmerie aux alentours des cimetières. Pour le moment, la parade trouvée a consisté à commette des policiers à la surveillance des cortèges funèbres, mais les vols continuent de plus belle.

    Selon un des fossoyeurs au cimetière de Toukra, situé au 9e arrondissement de N’Djamèna, les voleurs y ont subtilisé en une seule journée cinq motos dont les propriétaires étaient venus enterrer leurs proches ou parents.

    A l’en croire, plusieurs accompagnants des morts ressentent une double peine en quittant le cimetière : la perte d’un être cher, mais aussi celle de leur moyen de locomotion. Ce faisant, on voit beaucoup de personnes en pleurs à la porte des cimetières sans savoir quel est l’objet de leur douleur.

    « Quand on accompagne un corps, on est obligé de garer la moto sur le site indiqué pour aller ensuite assister à la cérémonie d’au revoir, mais ce n’est plus le cas ces derniers temps surtout avec les vols qui sont devenus récurrents ici », se lamente cette dame rencontrée au cimetière Toukra.

    « Ceux qui volent dans les cimetières n’ont pas de cœur », peste cet homme qui a du mal à comprendre « comment on peut s’en prendre à quelqu’un qui est en train de pleurer son proche (…) C’est méchant ce que les gens font ».

    Insensibles à ces états d’âme, les voleurs sévissent de plus belle, notamment au cimetière musulman situé à Lamadji à la sortie Nord de N’Djaména. Ici, les panneaux solaires et la pompe du château d’eau ont été emportés par on ne sait qui.

    Complètement indigné, cet homme venu enterrer un proche, martèle : « C’est incompréhensible qu’un voleur se faufile entre les tombes, monte sur le château et vole ses panneaux ».


    AHD/cat/APA

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