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    RCA : Bangui sous la coupe des nuages de poussière

    APA-Bangui (Centrafrique) -

    La capitale centrafricaine, Bangui, est en cette période saison sèche envahie souvent par des nuages de poussière amplifiés par le vent et qui sont la cause de maladies respiratoires.

    Si la poussière ne sévit pas, les Banguissois font face à des incendies qui se déclenchent soudainement, causant des dégâts corporels et matériels dans les foyers.

    Pour cette saison sèche démarrée depuis le mois de novembre dernier, les méfaits des vents de poussière sont aggravés par les rues en latérite, en attente d’être bitumées.

    Les riverains de ces avenues et rues où circulent voitures et motos, inhalent, à leur corps défendant, la poussière à longueur de journée. Ainsi,  la saleté est un peu partout dans les quartiers, les maisons et les bâtiments publics devenus rouges de latérite.

    Melvine Boutou, femme de ménage dans une famille au quartier Pétévo dans le 6ème arrondissement de Bangui, maudit la poussière qui l’oblige à balayer la cour de sa patronne plusieurs fois dans la journée. La poussière s’introduit dans les moindres interstices pour se déposer dans les endroits les plus improbables, obligeant les préposés au nettoyage et autres employés de maison à dépoussiérer et laver à grande eau en permanence.

    L’avenue CEMAC qui relie le 3ème au 6ème arrondissement de Bangui et dont une partie est faite en latérite, soulève beaucoup de poussière rendant la visibilité des conducteurs mauvaise ou nulle. Pour bien circuler, les conducteurs sont obligés d’allumer leurs phares en plein jour.

    Mathurin Doui, un conducteur de taxi-moto, évite cette avenue comme la peste à cause des risques élevés d’accidents provoqués par la poussière.

    L’astuce trouvée par des jeunes des quartiers traversés par les routes latéritiques est de réduire, en érigeant des barrières, l’espace de circulation sur les routes. Ce procédé oblige les conducteurs à ralentir pour soulever moins de poussière.

    Cette poussière qui défigure la ville de Bangui, provoque aussi la mévente chez certains commerçants.

    Les vendeurs de grillades au bord des avenues et des repas dans des gargotes se plaignent puisque que les consommateurs désertent ces lieux de convivialité à cause de la poussière. La parade consistant à arroser les devantures de ces gargotes n’arrange pas les choses car la poussière n’est retenue par l’eau que durant quelques petites minutes.

    Dégoûté par cette situation, Pierre Djimé, étudiant en 2ème année de Géographie, a tout simplement décidé de ne plus manger dans les restaurants de bord de route. « J’ai peur d’attraper une maladie » explique-t-il.

    Maman Pierrette, qui avait du mal à satisfaire ses clients, fait face depuis des mois à des méventes. La poussière a eu raison de ses grillades, poissons braisés ou encore bananes plantains qui ont du mal à trouver preneurs.

    La poussière charrie beaucoup de microbes et de maladies contagieuses parmi lesquelles la tuberculose, fait remarquer Dr Modeste Woza, directeur de la Santé communautaire de la République centrafricaine.

    A cela il faut ajouter la grippe, la conjonctivite et les maux de tête dont souffrent beaucoup de Centrafricains en ce moment, fait-il remarquer.

    Au Service d’hygiène de la Mairie de Bangui, les techniciens font remarquer qu’il revient à la Mairie d’arroser les rues chaque jour mais par manque de moyens financiers et matériels, elle ne le fait pas.

    Les Banguissois prient pour qu’à partir d’avril, la pluie commence à tomber pour dompter la poussière rebelle qui empêche Bangui la coquette de respirer.


    BB/od/cat/APA

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