La Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) qui a entendu les argumentations des parties sur la levée ou non de la liberté restrictive de MM. Gbagbo et Blé Goudé, a suspendu l’audience, renvoyant le verdict à vendredi. La défense promet déposer son écriture vendredi à 16h au lieu de 12h son « écriture ».

Réunis, en grand nombre, dans l’enceinte de ce réceptif, les militants du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), le parti de M. Gbagbo, visualisaient sur un écran géant le procès à la Cour pénale internationale (CPI), dans un air d’espérance soutenu par des rythmes musicaux.

Cette audience intervient après une requête soumise le 7 octobre 2019 par laquelle M. Gbagbo demandant à la Chambre d’appel de réexaminer son arrêt du 1er février 2019, qui lui impose avec son co-accusé Blé Goudé des restrictions après leur acquittement. 

 

Me Jacobs, membre du Conseil de Gbagbo, a invité la Chambre d’appel à « reconsidérer » la décision de restriction de leur liberté. La défense estime que « sur le principe, il ne devrait pas être imposé de restriction sur une personne acquittée qui doit pouvoir exercer l’intégralité de ses droits ».

« Ce principe est reconnu par toutes les juridictions internationales », a-t-il dit, réfutant  que MM. Gbagbo et Charles Blé Goudé soient placés sous liberté conditionnelle pour poursuivre le procès. Le juge président Chile Eboe-Osuji, a toutefois fait remarquer que cela est parfois lié à des circonstances.

Le juge président a en outre fait observer qu'il y a aussi des cas où dans l’attente d’un procès, en dépit de la présomption d’innocence, certaines personnes sont assujetties à des mesures restrictives de liberté comme remettre son passeport aux autorités policières ou se présenter à eux régulièrement pour montrer qu' il ne veut pas se soustraire à la justice. 

Dans une lettre adressée à la CPI, le Conseil de l’Etat ivoirien a soulevé des « risques de fuite » des accusés et la possibilité de se soustraire à la juridiction pénale internationale, tout en insinuant que l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo dispose d’un « réseau de partisans important».   

L’accusation a appelé la Chambre d’appel à « déclarer le procès entachés de vices et d’annuler la décision d’acquittement » de MM. Gbagbo et Charles Blé Goudé, souhaitant que les conditions de restrictions soient maintenues et un nouveau procès ordonné.

Me Massida, représentant les victimes, a soutenu que « le climat politique en Côte d'Ivoire se détériore et les victimes ont peur de voir une atmosphère de conflit se reproduire». 

En outre « s’ils reviennent, il est possible qu’ils détruisent des documents » qui pourraient servir de preuves. L’ancien ministre ivoirien de la Défense, Moïse Lida Kouassi, un cadre du FPI présent au Baron bar pour mobiliser les troupes, a déclaré qu'il attend de cette audience la levée des conditions de restriction imposées à M. Gbagbo, qui réside actuellement à Bruxelles. 

Jean Pierre Mignard, l’un des avocats de l’Etat de Côte d'Ivoire, a souhaité devant la Cour qu' il n’y ait « pas de procès à mi-temps, il faut qu’il aille jusqu’au bout ». Il a rappelé que « le conflit en Côte d'Ivoire est né du refus de M. Gbagbo de quitter le pouvoir ».

Sur le risque de fuite évoqué par l’accusation, qui estime que son retour sera un facteur de grave désordre, le Conseil de M. Gbagbo a répliqué que cela a été déjà relevé dans le dossier, tout en soutenant que si l’ex-président revient en Côte d'Ivoire il y aura un « vrai apaisement et un processus de réconciliation ».

Le Conseil de la défense a par ailleurs fait savoir que la visite du président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci, opposition), Henri Konan Bédié, ex-allié de Alassane Ouattara, est un élan de réconciliation engagé dans le pays.

AP/ls/APA