En visite dans la capitale économique ivoirienne pour expliquer à ses clients leur situation dans ce procès, Me Massidda a fait cette déclaration au cours d’une conférence de presse. « (…) Les victimes sont profondément déçues, mais elles sont confiantes », a-t-elle affirmé, expliquant que «la chambre d’appel, a le pouvoir de maintenir Laurent Gbagbo et Blé Goudé en prison malgré leur acquittement ».

Selon  Me Paolina qui dit avoir rencontré les victimes participant à ce  procès, ces dernières ne sont pas favorables à une éventuelle libération  de l'ex-président ivoirien. 

«  Si l'acquittement des deux accusés est confirmé, les victimes  n'auront aucun droit à réparation. Donc, nous allons plaider pour la  nécessité du maintien en détention de M. Gbagbo. Mais, si sa libération  est confirmée en appel,  nous plaiderons une libération sous condition»,  a-t-elle fait savoir. 

 Poursuivant, elle a estimé que l'engagement de  MM. Gbagbo et Blé Goudé de ne pas se soustraire à la justice s'ils sont  libérés et autorisés à regagner la Côte d'Ivoire  « n'a pas de force  légale ».



Vendredi dernier, la CPI a ordonné le maintien en détention de M.  Gbagbo et de son coaccusé, Blé Goudé après un appel du procureur de  cette juridiction contre l'acquittement et la remise en liberté  immédiate des deux hommes prononcés mardi dernier par la Cour.

La  «libération immédiate » des deux accusés a ainsi été suspendue  jusqu'au  1er février prochain où le procureur devrait présenter lors  d'une  audience, de nouveaux arguments pour soutenir sa requête.

Des victimes de la crise postélectorale ivoirienne ont manifesté leur colère à Abidjan et dans plusieurs villes de l'intérieur de la Côte d'Ivoire après l'annonce de cet «acquittement» et de cette «libération immédiate» de l'ancien président ivoirien.

Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont poursuivis depuis 2011 pour quatre chefs de crimes contre l'humanité commis pendant la crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011 qui a fait officiellement 3000 morts.

LB/ls/APA