Cameroun-Médias-Menace

Cameroun : sévère mise en garde des médias contre l’apologie de la sécession ou du fédéralisme

APA-Yaoundé (Cameroun)

Le président du Conseil national de la communication (CNC), Peter Essoka, a mis fermement en garde l’ensemble des médias nationaux, publics et privés contre toute publication ou diffusion de propos tendant à faire l’apologie de la sécession et du fédéralisme, sous peine de sanctions prévues par la règlementation en vigueur, allant de la suspension temporaire à l’interdiction définitive d’activités.

Dans un communiqué lu vendredi en mi-journée par la radio nationale, et dans la mouvance des revendications venant des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il invoque le «caractère anticonstitutionnel et les conséquences d’une telle pratique professionnelle, de nature à porter atteinte à la forme républicaine, à l’unité et à l’intégrité territoriale ainsi qu’aux principes démocratiques régissant la forme de l’Etat».

Pointant particulièrement les journaux Le Messager, Cameroon Post, The Guardian Post, The Times Journal, les chaînes de télévision Canal 2 International, Equinoxe, Spectrum (STV) ainsi que certaines radios communautaires, il les accuse de s’émanciper «de la nature apolitique que leur impose pourtant leur statut».

Peter Essoka, qui décrie ainsi la diffusion d’informations et de propos séditieux, demande aux autorités administratives et territorialement compétentes, en cas d’atteinte à l’ordre public par les médias du fait des dérives sus-décriées, de mettre en oeuvre sans délais les mesures conservatoires appropriées en vue de la restauration du bon ordre républicain.

Le 10 janvier dernier, rappelle-t-on, la chaîne de radio à capitaux privés Hot Cocoa FM, émettant de la ville contestataire camerounaise de Bamenda (Nord-Ouest), avait déjà fait l’objet d’une fermeture provisoire par les autorités pour «pratique contraire à l'éthique»,

Dans la foulée le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a lui aussi annoncé l’arrestation d’extrémistes ayant lancé des appels aux villes mortes, et organisé dans ce cadre et à d’autres occasions des actions et violences contre des personnes et leurs biens, de même qu’ils se sont attaqués aux forces de l’ordre et aux édifices publics dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest en dépit du dialogue engagé par le gouvernement pour rechercher des solutions aux revendications des avocats et des enseignants desdites régions.

Indiquant que d’autres activistes, dont certains se réclament du Southern Cameroon National Council (SCNC) et de la Cameroon Anglophone Civil Society Consortium (CACSC), restent recherchés, il a rappelé que ces mouvements fonctionnaient dans l’illégalité en même temps que leurs activités sont strictement interdites.

Dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte à cet effet et visant à rétablir les responsabilités de ces exactions ayant causé d’importants dégâts matériels et humains, Issa Tchiroma Bakary a affirmé que les personnes interpellées et placées aux mains de la justice «bénéficieront de toutes les garanties légales pour un procès équitable».

Le gouvernement étant déterminé à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour que la paix, la sécurité publique, l’unité nationale et l’intégrité territoriale soient préservés, il a demandé aux élèves, étudiants, enseignants et autres acteurs économiques de vaquer sereinement à leurs occupations.

Dans un arrêté signé mardi par le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, René Emmanuel Sadi, a rappelé que les activités de la CACSC et du SCNC, deux mouvements anglophones à l’origine des contestations et revendications sécessionnistes dans les régions anglophones du pays, «sont et demeurent interdites sur toute l'étendue du territoire national».

Cette interdiction s’applique aux réunions et manifestations, initiées ou soutenues par ces regroupements ou tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire, ou par toute personne s’en réclamant, les contrevenants à la mesure d’interdiction étant «passibles de poursuites judiciaires, conformément à la législation en vigueur», en même temps que les autorités préfectorales sont invitées à faire appliquer la mesure

Ces multiples mises en garde et annonces interviennent alors que les fils du dialogue semblent plus que jamais rompus entre le gouvernement et les activistes anglophones et que les actes de défiance, morts d’ordre de «villes mortes» et violences paralysant actuellement toutes les activités à Bamenda, plusieurs observateurs n’hésitent pas à prédire une année scolaire blanche dans la zone.

FCEB/of/APA

Réagir à cet article