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    Sénégal-Pauvreté

    Éradication de la pauvreté: La FAO invite le Sénégal à combiner programmes de sécurité alimentaire et politiques de protection sociale

    APA-Dakar (Sénégal)

    Pour éradiquer la pauvreté des populations vulnérables, le Sénégal doit, en plus de ses efforts considérables, combiner les programmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle avec ceux de la protection sociale, a estimé lundi à Dakar, Cheikh Guèye, chargé des programmes de la Fao-Sénégal.

    « Des interventions de protection sociale et celles du secteur agricole conduites de manière isolées ne permettent pas aux ménages vulnérables de sortir durablement de la pauvreté. Les ménages pauvres sont généralement confrontés à des contraintes et à des chocs multiples. Des politiques et des programmes de sécurité alimentaire, combinés à des interventions de protection sociale,  peuvent aider les ménages vulnérables à rompre avec le cycle de dénuement et empêcher la transmission de la pauvreté d'une génération à l'autre », a dit M. Guèye.

    S'exprimant à l'ouverture d'un atelier d’échanges et de renforcement de capacités sur les liens entre le développement rural, la protection sociale et la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN), le chargé des programmes de la Fao a reconnu qu'au Sénégal, la Protection sociale occupe une place de choix dans l'axe II du Plan Sénégal Émergent.

    Cette vision a été déclinée dans l'élaboration et la mise en œuvre d'instruments de politique publique en matière d'appui au système de protection sociale. À ce titre, la mise en place du Programme national e bourse de sécurité familiale (Pnbsf), du Programme de couverture maladie universelle (Cmu) et de la carte d'égalité des chances...constituent une parfaite illustration de l'engagement du gouvernement sénégalais à construire un système de protection sociale durable.

    « Les interventions agricoles peuvent aider à lever les contraintes structurelles qui pèsent sur l'offre dans le secteur agricole. Les programmes complémentaires de protection sociale peuvent aussi contribuer à alléger les contraintes de liquidités des ménages vulnérables et à renforcer leurs capacités à planifier leurs dépenses et à investir dans le secteur agricole », a-t-il poursuivi.

    Selon Tanor Meïssa Dieng du ministère de l'agriculture et de l'équipement rural, 55% de la population pratiquent l'agriculture. « C'est pourquoi, la vision du chef de l'État est de faire de l'agriculture un moteur de croissance économique. Cela a conduit à la mise en place du plan d'accélération de la cadence du secteur agricole, la gestion efficace du foncier, des équipements adaptés, et le retour des jeunes à l'agriculture », a dit M. Dieng.

    De son côté, Ibrahimà Faye, secrétaire général de la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale, a indiqué que le programme des bourses de sécurité familiale a enrôlé en 2017 plus de 300.000 bénéficiaires avec comme objectif de booster leurs productivité et capacités de résilience.

    S'agissant du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, Cheikh Guèye a souligné qu'au cours des dix dernières années, des efforts importants ont été déployés dans le développement de l'agriculture en Afrique.

    Toutefois, de nombreux défis existent encore dans la lutte contre la faim et la malnutrition surtout dans les zones rurales. Les principales causes de cette situation sont la pauvreté et la vulnérabilité de millions de ruraux qui dépendent des moyens d'existence basés sur les ressources naturelles et l'agriculture familiale pour satisfaire les besoins fondamentaux.

    « Pour relever ce défi, a-t-il suggéré, les acteurs du développement ont convenu que le potentiel de la protection sociale peut contribuer à la réduction de la pauvreté et à l'élimination de la faim et de la malnutrition. C'est pourquoi, la protection sociale a suscité un intérêt considérable dans l'agenda du développement aux niveaux mondial, régional et national. Ainsi, les organisations sous régionales, en collaboration avec la communauté internationale ont-elles lancé en décembre 2012, l'initiative "Alliance globale pour la résilience en Afrique de l'Ouest et au Sahel (AGIR)". 

    Elle a pour objectif de réduire structurellement et de manière durable la vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle en accompagnant la mise en oeuvre de politiques sahéliennes et ouest africaines".


    TE/od/APA

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