Maroc-Afrique-Migration

Le trafic d’êtres humains à l’origine des restrictions de voyage au Maroc pour 3 pays africains (officiel)

APA-Dakhla (Maroc) Envoyé spécial : Ibrahima Dione

Le trafic d’êtres humains explique les restrictions de voyage du Maroc aux citoyens du Mali, de la Guinée et du Congo, a renseigné samedi soir à Dakhla (Maroc), Mouhcine Jazouli, le ministre en charge des Affaires africaines.

« En analysant ses flux migratoires, le Maroc s’est rendu compte qu’il y avait des trafics d’êtres humains qu’il a fallu endiguer en normalisant les demandes d’entrées. Ces trafics correspondaient essentiellement à ces trois pays. C’est donc pour protéger les populations de ces nations que nous avons mis en place cette procédure qui ne s’inscrit pas dans une logique de visa », a précisé M. Jazouli.

Les ressortissants du Mali, de la Guinée et du Congo doivent désormais obtenir une « autorisation de voyage électronique » quatre jours avant leur départ pour le Maroc. Le ministre en charge des Affaires africaines s’entretenait avec la presse étrangère présente au Forum de Crans Montana à Dakhla.

Poursuivant, Mouhcine Jazouli a martelé que « cette décision n’est pas antinomique avec le souhait du Maroc d’intégrer la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ».

« Le Maroc a un accord de principe avec les chefs d’Etat de cette institution. Le processus d’intégration est en cours. Notre pays est convaincu qu’il a beaucoup à apporter et à recevoir. Les études d’impact ont été commandées et on attend les résultats », a-t-il ajouté.

En outre, il a signalé qu’« au-delà de la Cedeao, il y a la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Celle-ci va transcender la logique de Communautés économiques régionales même si elles vont être une phase indispensable afin d’agréger l’ensemble du continent ».

Se prononçant sur l’ancrage du Maroc dans l’Afrique et sa volonté manifeste de faire partie des locomotives de ce continent, Mouhcine Jazouli a indiqué que « le Roi Mohammed VI a effectué cinquante visites dans une trentaine de pays africains. A l’issue de celles-ci, plus de 500 accords portant sur différents domaines notamment l’agriculture, les énergies, la logistique ou encore la gestion de l’eau ont été signés ».

A propos de l’annulation de l’ensemble des dettes des Pays les moins avancés (PMA) de l’Afrique envers le Maroc, le ministre en charge des Affaires africaines a souligné que « c’est la première brique de l’édifice imaginé par le Roi Mohammed VI ».

En effet, M. Jazouli a informé que cette vision du Souverain comporte plusieurs aspects dont la formation. « Aujourd’hui, plus de 20 000 étudiants africains sont au Maroc et parmi ceux-ci, 12 000 sont boursiers du gouvernement marocain ».

Tout en relevant que le Maroc dispose aujourd’hui d’un réel savoir-faire dans le cadre de la coopération sud-sud, il a estimé que « la gestion des flux financiers est à améliorer » pour que cette coopération profite davantage aux différentes parties.

« Aujourd’hui, il y a des donateurs et des fonds dans le monde entier. Je crois qu’il est temps d’agréger, auprès de pays comme le Maroc, ces flux pour être davantage efficace et avoir plus de profondeur dans la gestion de la coopération », a-t-il analysé.

Enfin, Mouhcine Jazouli a affirmé qu’« il y a beaucoup de déperdition dans les flux financiers internationaux. Les bailleurs de fonds et les programmes sont là pour différents secteurs, différentes régions. Malheureusement, ça ne va jamais assez vite et ça n’arrive pas toujours à bon port ».

Par ailleurs, Souleymane Satigui Sidibé, le Secrétaire général de l’Union panafricaine de la jeunesse a remis symboliquement à Mouhcine Jazouli, ministre marocain en charge des Affaires africaines une déclaration issue de l’atelier parallèle portant sur la paix et la sécurité en Afrique.

La cinquième édition du Forum de Crans Montana, consacré à l’Afrique et à la coopération sud-sud, se tient du 14 au 17 mars 2019. Les travaux portent notamment sur la sécurité énergétique, les exigences environnementales, l’économie numérique, la santé publique, l’agriculture durable et la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et du leadership féminin.



ID/cd/APA

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