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Sénégal : Aliou Sall démissionne de la Caisse des dépôts et consignations

APA-Dakar (Sénégal)

Aliou Sall a, dans une lettre transmise aux média lundi après-midi, annoncé sa démission de son poste de Directeur général de la caisse des dépôts et consignations (Cdc), après les révélations de BBC sur un scandale pétrolier l’impliquant avec Franck Timis.

« (…) Fort de la conviction profonde que demain il fera jour, et que la lumière finira d’avoir raison des ténèbres, je prends ici devant vous la décision de donner ma démission de la tête de la Caisse de Dépôts et de Consignations à compter de ce jour », écrit Aliou Sall, par ailleurs maire de Guédiawaye, dans sa lettre transmise à la presse après être bloqué, par ses militants qui s'opposaient à sa démission, devant sa mairie où il devait tenir une conférence de presse.

Il poursuit : « Dans le même temps, je peux vous assurer, mes chers amis, que je prends date pour l’avenir, parce que je reste persuadé que cette épreuve rendra beaucoup de service à mon peuple dans le futur. Elle aura en effet le mérite, j’en suis sûr, de montrer à la face du monde les vrais visages de ceux qui salissent la noblesse de la politique sous des dehors de serviteurs du peuple ».

Depuis l’éclatement du « scandale énergétique de 10 milliards de dollars » après une enquête de la BBC sur la cession au Sénégal des contrats pétro-gaziers entre les sociétés Petro-Tim et British Petroleum (BP), beaucoup d’acteurs de la société et de l’opposition demandent le limogeage d’Aliou Sall, frère-cadet du chef de l’Etat, Macky Sall, de la Caisse des dépôts et consignations et sa mise à disposition à la justice.

Les deux derniers vendredis, la coalition citoyenne « Aar linu book » a organisé des manifestations à Dakar pour exiger la lumière sur les contrats pétroliers et gaziers.

Mais selon M. Sall, « cette affaire autour du pétrole, avant de prendre les contours d’un enjeu national voire international, constitue aussi et d’abord un enjeu personnel, une véritable tragédie qui touche un être en chair et en os, un homme qui éprouve des sentiments, qui a été élevé dans certaines valeurs cardinales, qui vit en société, entouré de sa famille, de ses amis et de ses sympathisants ».

« Cette campagne, écrit-il, présente l’autre (moi en l’occurrence), comme l’ennemi public numéro un, et elle se donne les moyens de faire mouche parce qu’elle finit de prendre le visage de la vérité à force de travestir les faits les uns après les autres.
Elle joue également de manière indécente sur la corde sensible de populations qui se battent au quotidien pour vivre voire pour survivre ; et à ces populations, elle s’emploie à offrir comme provision, des raccourcis cyniques et dangereux ».

« En somme, poursuit-il, c’est une campagne visant à me « déshumaniser » (le mot n’est pas trop fort), parce que c’est de cela qu’il s’agit, une campagne qui présente l’autre (toujours moi) comme le méchant face aux bons, celui qui s’abreuve du sang et de la sueur du peuple sénégalais, le personnage sans foi ni loi qui nargue un peuple exsangue ».


CP/te/APA

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