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Une étude révèle un dynamisme des pays africains autour de la réforme foncière

APA-Dakar (Sénégal)

L'Afrique est dans une dynamique autour de la réforme foncière mais doit tirer des leçons des réformes foncières déjà menées dans des pays émergents pour ne pas tomber dans l'exclusion de certaines populations, avertit une étude sur "l'état des droits fonciers communautaires en Afrique: Les États peuvent mieux protéger les droits fonciers des communautés", présentée jeudi à Dakar.


"Il y a un dynamisme continental autour de la réforme foncière. Au moins, trente pays africains connaissent une réforme foncière ou sont en préparation d'une réforme. La permanence de la réforme foncière exprime une quête inachevée. C'est pourquoi l'Afrique doit tirer des leçons des réformes des pays émergents dont le Brésil où l'exclusion a causé des dégâts. Sécuriser les droits de tous les acteurs est la seule garantie de la paix sociale", note l’étude menée au Sénégal, en RD Congo, en Ouganda, au Burkina, au Ghana, au Nigeria, et au Libéria.

Elle a été présentée par Samuel Nguiffo, directeur exécutif du Centre pour l'environnement et le développement (CED) du Cameroun au cours d'une journée de réflexion et de présentation du rapport sur «l’état des droits et des ressources 2016-2017 : Passer des risques et des conflits à la paix et à la prospérité en Afrique» de l’Initiative des droits et des ressources (RRI), en collaboration avec la Commission nationale de la réforme foncière (CNRF) du Sénégal, l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) et du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR).

La rencontre réunit des représentants de gouvernements, d’organisations de la société civile, et du secteur privé issus de pays africains, ayant procédé à des réformes foncières (Sénégal, Libéria, Mali, Kenya, Burkina Faso, République Démocratique du Congo, le Ghana, le Nigeria, l’Ouganda, et le Cameroun). Ils vont partager les leçons tirées de leurs expériences et discuteront des opportunités et des défis que représentent les processus de réforme foncière en Afrique et au Sénégal en particulier.

Selon l'étude, en Afrique, il y a un socle législatif très similaire sur la question des droits fonciers communautaires avec quelques spécificités, et une reconnaissance des droits d'accès, d'utilisation dans tous les pays.

« Nous avons également noté une persistance des droits coutumiers, mais une faiblesse dans leur reconnaissance et de leur garantie, de même qu’une érection de l'immatriculation en mode ultime. Mais cette réforme foncière n'a pas encore permis à l'État d'internaliser ses engagements. Les engagements internationaux ne sont pas encore intégrés dans ces lois issues des réformes foncières", a poursuivi M. Nguiffo.

Selon lui, la terre est à la fois un bien économique, une ressource ambulante et un lien entre les générations, faisant que les conflits fonciers sont souvent violents car les intérêts difficilement maitrisables.

« La raréfaction de la terre est source de conflits. Toutes les terres ne sont plus aussi productives comme dans le passé », a encore dit Samuel Nguiffo.

TE/od/APA

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