Sénégal-Drogue-Prévention

Afrique de l'Ouest: Appel de Dakar sur les risques VIH des consommateurs de drogues

APA-Dakar (Sénégal) Par Edouard Touré

La Commission ouest-africaine sur les drogues (WACD, sigle anglais) et l’Alliance nationale des communautés pour la santé (ANCS), une organisation de la société civile sénégalaise, ont prononcé mardi « l’Appel de Dakar à l’engagement pour la réduction des risques chez les consommateurs de drogues injectables en Afrique de l’Ouest ».

« Nous, participants à la rencontre de consultation de haut niveau organisée par WACD/ANCS, (nous sommes) préoccupés par l’ampleur du trafic de drogues et sa consommation sur le continent », indique le préambule de l’Appel lu par Maguette Mbodj, directrice exécutive de l’ANCS.

Selon le document, les améliorations notées dans le contrôle de l’épidémie à VIH cachent des faiblesses touchant les populations vulnérables et marginalisées de la société, notamment les professionnels (les) du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les détenus ainsi que les consommateurs et usagers de drogues injectables.

« Parmi ces groupes de populations clés, les consommateurs/usagers de drogues injectables constituent la cible la moins connue et la moins maitrisée en Afrique. Sur les 49 pays d’Afrique sub-saharienne, seuls 16 disposent de données sur la consommation de drogues injectables. Mais, sur 2,3 million de consommateurs/usagers de drogues injectables recensés dans cette partie du continent, on enregistre 564 000 personnes vivant avec le VIH », ajoute l’Appel.

Ce faisant, ses initiateurs « s’engagent à rappeler » que les politiques de santé en Afrique devraient se conformer aux recommandations des Nations Unies en matière de traitement de la dépendance aux drogues, notamment à la Déclaration de la Session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la réduction de la demande de drogues (1998) et à la note d’information des Nations Unies sur la prévention de la transmission du VIH/sida liée à la consommation de drogue (2000).

Ils invitent par ailleurs les Etats à adopter une approche basée sur la santé publique et le respect des droits humains et à s’approprier la stratégie de Réduction des Risques.

« Nous nous engageons aussi à encourager les Etats à mettre en place des législations et politiques favorisant l’accès aux services de traitement de la dépendance aux drogues et leur décentralisation ; à encourager les Etats à allouer des ressources suffisantes à la lutte contre la drogue en général et à mettre en œuvre des stratégies de Réduction des Risques en particulier », a indiqué Maguette Mbodj.

Dans son appel, la société civile invite également à la levée des obstacles, notamment juridiques, à une bonne mise en œuvre de la Réduction des Risques et à l’élaboration de politiques et législations permettant de mettre en place les programmes de Réduction des risques.

Elle inviter les Etats et les autres parties prenantes à s’engager pour une alternative à l’incarcération des consommateurs/usagers de drogues, à encourager les stratégies de Réduction des risques, à leur favoriser un environnement social sans stigmatisation ni discrimination, à assurer leur accès aux services de traitement, à promouvoir leur réinsertion sociale et le respect des droits humains.

L’Appel entre dans le cadre du programme régional «Réduction des risques VIH et tuberculose et autres comorbidité et promotion des droits humains auprès des consommateurs de drogue injectable» (PARECO). Ce programme est mis en œuvre par l’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS) dans 5 pays ouest-africains (Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau et Sénégal) et est élargi en Guinée et au Mali.


TE/APA

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