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L’Afrique a « deux défis spécifiques » en matière de cybersécurité (expert)

APA- Dakar (Sénégal) Par Oumar Dembélé

L’action collective et la dotation d’outils locaux à la jeunesse africaine sont les deux « défis spécifiques » lancés à l’Afrique en matière de sécurité électronique, a déclaré l’expert électronique sénégalais Ibrahima Nour Eddine Diagne, à l’ouverture, mardi à Dakar, de la sixième édition des Security Days.

M. Diagne, par ailleurs administrateur général du GIE GAINDE 2000, a souligné la nécessité pour les Etats africains doivent « faire les choses ensemble » et de donner à leur « jeunesse les outils qui sont de chez nous » afin de relever ces deux grands défis qui permettront de lutter contre les attaques cybercriminelles touchant le monde entier.

Pour lui, en effet, le rôle des Etats est « difficile à définir » parce qu’il y a une « limite » dans leur « souveraineté » qui ne les permettent pas d’être tout le temps « en position de force ».

« Il y a des capacités défensives et offensives (…). Nous sommes dans un monde très complexe, et savoir la place de ces Etats (dans la régulation) est très compliqué », a noté Ibrahima Nour Eddine Diagne, soulignant en outre que la notion de confidentialité « est en train de glisser ».

Il intervenait à ce forum de deux jours qui s’est ouvert ce mardi, en présence de délégués de pays ouest-africains comme la Côte d’Ivoire, marraine de cette édition, des acteurs du numérique en Afrique ainsi que des représentants étatiques civils et militaires.

Cet évènement, qui vise entre autres à promouvoir une vision panafricaine de la confiance numérique et à développer la coopération régionale et internationale, a pourtant connu des débuts difficiles, selon son initiateur, Sidy Mactar Aidara.

« A la première édition, on était juste une centaine de personnes. Personne ne croyait en nous, mais l’avenir nous a donnés raison », a dit fièrement le fondateur de Kubuk Consulting, coorganisateur de cette 6e édition avec la douane, la police et la gendarmerie sénégalaises ainsi que le ministère de l’Economie numérique et des Télécommunications.

Soulignant « l’important succès » de l’édition 2018 au vu de ses « 1500 visiteurs », M. Aidara a insisté sur l’intérêt du présent évènement non sans profiter de l’occasion pour appeler les parents à « être vigilants sur la vie numérique de leurs enfants ».

Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général du ministère de l’Economie numérique et des Télécommunications a indiqué que le Sénégal a été avant-gardiste sur cette question en mettant en place la « Stratégie nationale de Cybersécurité 2022 » (SNC2022

Selon Yoro Moussa Diallo, cette stratégie vise à atteindre cinq objectifs : renforcer le cadre juridique et institutionnel de la cybersécurité, protéger les infrastructures d'information critiques (IIC) et les systèmes d'information de l’Etat, promouvoir une culture de la cybersécurité, renforcer les capacités et les connaissances techniques en cybersécurité dans tous les secteurs et participer aux efforts régionaux et internationaux de cybersécurité.

Pour sa part, le colonel Alioune Ndione de la douane sénégalaise a précisé que, sur proposition d’une édition des Security Days, l’Etat a créé une « école nationale de cybersécurité ». Logé au sein de l’Ecole nationale d’administration (Ena), cet établissement à « vocation régionale » a été inauguré en novembre 2018.

Les Security Days qui prennent fin demain mercredi a retenu au programme de se travaux plusieurs ateliers reposant sur des problématiques « riches » et variées. Il prévoit également dans la mi-journée des séances de networking : deux activités qui sont censées composer l’essentiel des programmes retenus pour ce forum.


ODL/cat/APA

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