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Le Pacte mondial sur les migrations sera signé en décembre à Marrakech

APA-Rabat (Maroc)

Le pacte mondial sur les migrations devrait être signé en décembre au Maroc. L’Assemblée générale des Nations-Unies s’est mise d’accord, vendredi 13 juillet à New York, sur le texte final du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, en vue de son adoption formelle en décembre prochain à Marrakech.

"C’est un moment historique", a affirmé à cette occasion le président de l’Assemblée générale, Miroslav Lajcak, qui a toutefois estimé qu’il restait "beaucoup à faire" et que le "chemin ne faisait que commencer" pour aboutir à une solution globale au phénomène migratoire dans le monde.

"En décembre, nous allons aboutir au premier pacte mondial sur la migration", s’est réjoui M. Lajcak, affirmant que "nous devons en être fiers".

De son côté, la Secrétaire générale adjointe des Nations-Unies, Amina Mohamed, a tenu à féliciter les Etats membres de l’Assemblée générale pour avoir abouti à ce texte final, soulignant que ceci démontre le potentiel de l’action multilatérale.

Pour Mme Mohamed, la Conférence prévue les 10 et 11 décembre prochains à Marrakech permettra de "ramener à la vie le pacte mondial sur la migration".

"J’appelle l’ensemble des gouvernements à rejoindre le Secrétaire général de l’ONU et notre hôte, le Roi Mohammed VI à Marrakech", a dit la Secrétaire générale adjointe des Nations-Unies.

Selon elle, le pacte mondial sur la migration "nous fournit une plateforme vers l’avenir, mais il sera aussi jugé par ses réalisations actuelles".

Pour sa part, la Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations internationales, Louise Arbour, a souligné que le pacte est une feuille de route pour l'espoir et que sa mise en œuvre apportera "l'ordre, la sécurité et le progrès économique à tous".

Le document recense une série de principes – défense des droits de l’Homme, des droits des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale, etc – et comprend un catalogue de mesures pour aider les pays à faire face aux migrations : améliorer l’information, mesures pour mieux intégrer les migrants, échange d’expertises…

Conduits par les ambassadeurs suisse Jurg Lauber et mexicain Juan José Gomez Camacho, les négociations ont duré 18 mois. Les rounds de négociations autour de ces engagements se sont tenus à raison d’un round par mois, depuis février dernier à New York.

Le Pacte sera formellement adopté lors d’une conférence internationale à Marrakech les 10 et 11 décembre prochain. Il détaille une vingtaine de mesures concrètes comme collecter des données, fournir des papiers d’identité aux migrants qui en sont dépourvus, lutter contre la discrimination, accorder un soin particulier aux femmes et aux enfants, et permettre aux migrants un accès aux services sociaux.

Selon le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, 60.000 migrants sont décédés depuis 2000 en mer, dans le désert ou ailleurs, et il n’était plus possible de continuer à ne rien faire. Le document de quelque 25 pages entend « accroître la coopération sur les migrations internationales dans toutes leurs dimensions » et aussi combattre les trafics d’êtres humains comme ceux constatés en Libye.

« Nous avons démontré au monde entier que les Nations-Unies sont capables de se mettre d’accord sur un sujet qui a toujours fait l’objet de profondes divergences (…) et prouvé qu’avec la volonté politique et l’ouverture d’esprit, le multilatéralisme peut résoudre les problèmes les plus délicats », a pour sa part déclaré Omar Hilale, ambassadeur du Maroc à l’ONU.

Le texte est toutefois non contraignant. « Le Pacte mondial n’imposera rien à personne, mais il propose des solutions », résume Juan José Gomez Camacho.

Washington s’est retiré fin 2017 de l’élaboration du Pacte en affirmant qu’il comprenait des dispositions contraires à la politique d’immigration de Donald Trump.

On compte plus de 250 millions de migrants dans le monde, représentant 3% de la population mondiale, et contribuant pour 10% au produit intérieur brut mondial.

HA/APA

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