Ethiopie-Egypte-Barrage

L’Ethiopie déploie son armée autour du barrage de la Renaissance

APA-Rabat (Maroc)

L’Ethiopie a entamé le déploiement de son armée dans les environs du barrage de la Renaissance, le plus grand ouvrage hydroélectrique du continent africain avec une capacité de production de 6.450 mégawatts (MW).

En effet, des images publiées par la télévision d’Etat éthiopienne montrent des chars de combat, des véhicules militaires et des soldats déployés non loin du barrage. Ce déploiement militaire intervient dans le contexte de l’échec des derniers pourparlers entre l’Egypte et l’Ethiopie sous l’égide des Etats-Unis.

D’ailleurs, les dernières sorties du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, démontrent clairement que le pays ne compte pas céder aux pressions égyptiennes ou américaines. 

«Pour nous, c’est la seconde chose la plus importante après la vie humaine», a-t-il déclaré, parlant du barrage, à l'occasion du 9è anniversaire de lancement de sa construction.

Pour sa part, Le Caire, qui revendique un droit historique sur le Nil, accuse Addis-Abeba de vouloir gagner du temps dans les discussions pour achever la construction du barrage et mettre les autorités égyptiennes devant le fait accompli. Face à cette situation, l'Egypte, qui a lancé une grande offensive à destination des pays africains de la région, ne compte pas abandonner la partie sans obtenir des garanties sûres du gouvernement éthiopien sur le remplissage du réservoir du barrage et donc sur le maintien du débit du Nil.

Le Soudan souhaite, de son côté, jouer le rôle de médiateur entre les deux pays. Toutefois, Le Caire semble ne pas être enthousiasmé par cette médiation soudanaise, sachant que Khartoum pourrait bénéficier énormément de la construction de ce barrage, notamment, un débit maîtrisé du fleuve, ce qui empêchera des inondations sur son territoire et une électricité bon marché du barrage situé à 25 km de sa frontière avec l’Ethiopie.

Le Nil Bleu, qui prend sa source en Éthiopie, rejoint le Nil Blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l’Égypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

Le barrage de la Renaissance est censé devenir la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique, avec une production de plus de 6.000 mégawatts. Cette infrastructure unique en Afrique, construite par Addis-Abeba sur le Nil Bleu, est achevée aux 2/3. Les Éthiopiens veulent désormais remplir le réservoir le plus vite possible; ce que refusent les Égyptiens qui craignent une forte baisse de leurs ressources en eau.

Pour rappel, l’Egypte, qui tire plus de 95% de ses ressources en eau du Nil, craint que le barrage de la Renaissance ne réduise les eaux du fleuve, sachant que plus de 80% des eaux du Nil qui traverse l’Egypte proviennent de Nil Bleu qui prend sa source en Ethiopie et sur lequel est construit ce gigantesque barrage.

Le différend actuel entre les deux pays repose sur le remplissage du réservoir géant du barrage, soit 75 milliards de mètres cubes d’eau. Le Caire souhaite un remplissage étalé sur de nombreuses années, au moins plus de 12 ans, afin de ne pas réduire le débit du fleuve qui assure plus de 95% de ses besoins en eau.

Quant à l’Ethiopie, elle souhaite un remplissage plus rapide du réservoir du barrage, autour de 5 ans, pour pouvoir produire rapidement de l’électricité.

D’ailleurs, selon les autorités éthiopiennes, si les négociations avec l’Egypte n’aboutissent pas, elles vont démarrer le remplissage du réservoir du barrage dès juillet prochain pour entamer la production d’électricité en février 2021. Une perspective que redoute l’Egypte.

 

HA/APA

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