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La société civile ivoirienne plaide pour une réforme du Conseil constitutionnel

APA-Abidjan (Côte d'Ivoire)

Des organisations de la société civile ivoirienne ont plaidé, jeudi à Abidjan, pour une réforme du Conseil constitutionnel, estimant que cette institution a été au cœur des débats pendant la crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011 qui a fait officiellement 3000 morts.

« Une bonne réforme de la CEI (Commission électorale indépendante) entraînera corrélativement la mise à jour de la liste électorale, le découpage électoral, la sécurisation de l'environnement électoral, la formation des électeurs... Nous plaidons également pour une réforme du Conseil constitutionnel », a dit Dr Néné Bi de Actions pour la promotion et la défense des droits de l'homme en Côte d'Ivoire (APDH) lors d'une réunion de concertation avec le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly sur la réforme de la Commission électorale indépendante ( CEI), l'organe chargé d'organiser les élections dans le pays.

 « La Ligue ivoirienne des droits de l'homme ( LIDHO) promet qu'elle sera toujours disponible pour la réforme de la CEI. Nous souhaitons que cette réforme puisse s'étendre au Conseil constitutionnel qui est un organe d'appui à la CEI », a plaidé dans le même élan, Adjoumani Kouamé Pierre, le président de cette organisation.

Comme Dr Néné Bi et M. Kouamé, plusieurs autres associations de la société civile ivoirienne présentes à cette rencontre, ont souhaité un réexamen du Conseil constitutionnel ivoirien. De son côté, Julie Koné, la présidente du Centre féminin pour la démocratie et les droits humains en Côte d'Ivoire (CEFCI) a énuméré une série de propositions de son institution pour la réforme de la CEI.

Elle a entre autres, suggéré que le président de cette institution électorale soit élu pour un mandat déterminé de 5 ou 7 ans et que la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI) soit constituée de 50% de femmes.

« Il faut que cette réforme  de la CEI se fasse concomitamment avec celui du code électoral en intégrant la question du genre à tous les niveaux », a souhaité pour sa part, Rachelle Gogoua, la présidente du Groupe des organisations féminines pour l'égalité homme-femme (GOFEHF).

Auparavant, le chef du gouvernement ivoirien, Amadou Gon Coulibaly a expliqué aux organisations de la société civile ivoirienne que ces échanges avec elles, ont été recommandés par le président Alassane Ouattara et  s'inscrivent dans le cadre du dialogue avec les forces vives de la nation en vue du réexamen de la CEI.

« Nous vous sollicitons à l'effet de recueillir vos contributions. La rencontre d'aujourd'hui est la première phase qui ouvre la réflexion. Vous avez deux semaines pour déposer vos contributions auprès du ministre de l'intérieur et de la sécurité», a fait savoir M. Coulibaly, soulignant que ces recommandations seront examinées lors de la deuxième phase de ce dialogue.

« Nos échanges doivent être placés sous le sceau de la responsabilité », a-t-il conseillé, insistant que la Côte d'Ivoire doit « tirer les leçons de son passé et sortir des violences électorales ».

Selon le Premier ministre, la société civile ivoirienne doit apporter son appui à l'Etat. « Nous devons au terme de ce dialogue envoyer un message positif à nos concitoyens», a conclu M. Coulibaly.

Sur instruction du président ivoirien Alassane Ouattara, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly a entamé depuis quelques jours, un dialogue avec les forces vives de la nation en vue du réexamen de la CEI conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.

Lundi, M. Coulibaly a rencontré les partis politiques de l'opposition à qui il a donné deux semaines pour élaborer leurs contributions quant à la réforme de la CEI,  l'institution électorale ivoirienne qui a cristallisé le débat politique dans le pays ces derniers mois.

LB/ls/APA

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