La pollution du Delta du Niger est d’origine politique, selon le Directeur des pêches du Niger
APA-Dakar (Sénégal)
Les problèmes de pollution par le pétrole brut que connaît le Delta du Niger sont fortement politiques, a soutenu dans un entretien exclusif avec APA, Ali Harouna, Directeur national de la Pêche et de l’Aquaculture du Niger, tout en déplorant la lenteur notée du côté des autorités pour lutter contre la pollution de ce site.
‘’Je ne souhaite pas m’étendre ces problèmes du Delta du Niger. Mais je puis vous dire que les difficultés de ce delta sont fortement politiques’’, a-t-il indiqué, en marge de l’atelier régional ‘’Dialogue sur pêche et changements climatiques’’ organisé les 5 et 6 août à Saly (80 km de Dakar) par le Réseau sur les politiques de pêche e Afrique de l’Ouest (REPAO).
Le problème du Delta du Niger existe depuis plusieurs années, a-t-il déploré, mais il n’a toujours pas de solutions idoines, a souligné Ali Harouna, relevant que ‘’la pollution du site par la fuite du pétrole a fait perdre des terres et d’importantes quantités de poissons’’.
Il en a appelé à la collaboration de tous pour sauver le Delta du Niger. ‘’Il va falloir trouver des solutions à la pollution et surtout prévenir les prochaines pollutions, en impliquant tout le monde’’, a prôné M. Harouna, qui a aussi plaidé pour la mise en place de bonnes politiques gestion du Delta.
Concernant son pays, le Niger, il a indiqué que la pêche y est confrontée au problème d’ensablement, de sécheresse, de l’envahissement des plantes aquatiques, d’organisation des acteurs de la pêche.
‘’Mais surtout le financement du secteur de la pêche mérite d’être examiné afin que le pêcheur accède au financement pour faire marcher ses activités’’, a fait remarquer Ali Harouna.
S’agissant des plantes aquatiques, il a estimé qu’il faut étudier les possibilités permettant de les valoriser et restaurer les terres pour lutter contre l’ensablement.
Le Delta du Niger, localisé au sud-est du Nigeria, est l’une des plus vastes zones humides d’Afrique. D’une très grande biodiversité, cette région procure de nombreuses richesses naturelles pour les activités agricoles et piscicoles et, depuis quarante ans, d’immenses réserves de pétrole.
Mais depuis cinquante ans et dans le plus grand silence, le pétrole brut y est déversé à flots continus, contribuant ainsi à la pollution de cette région.