Les potentialités de l’Afrique en biocarburant, objet de discussions à Ouagadougou
APA- Ouagadougou (Burkina Faso)
Des experts et personnes ressources de 29 pays sont en conclave autour des opportunités du biocarburant pour l’Afrique, sous le thème «Les biocarburants, quels potentiels pour l’Afrique», a constaté APA, mardi, au deuxième jour de la rencontre à Ouagadougou.
La rencontre organisée sur trois jours (du 14 au 16 novembre), va permettre d’examiner le potentiel technologique et les disponibilités territoriales en matière de biocarburant en Afrique.
Les participants, environ 250, vont également faire des projections sur les impacts du développement du biocarburant sur l’environnement social et physique de même qu’ils discuteront des cadres stratégiques et juridiques à mettre en place.
Au terme de la rencontre, ils vont proposer des recommandations aux décideurs de la sous-région sur une évaluation « objective » du potentiel des biocarburants en Afrique de l’Ouest.
Le Premier ministre Burkinabè Luc Adolphe Tiao a dit que les biocarburants constituent une alternative « face au renchérissement continuel du prix du pétrole ». Devant la hausse continue du prix du baril et l’épuisement programmé des réserves de pétrole, a-t-il ajouté, « il est normal qu’on réfléchisse à d’autres alternatives (…) sans que cela ne vienne compromettre notre environnement ».
La rencontre est organisée par l’Institut international d’ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et le ministère burkinabè des Mines, Carrières et de l’Energie.
En entendant les conclusions des travaux, les officiels ont évoqué quelques avantages des énergies renouvelables. « Le biocarburant, plus qu’une réalité, est une opportunité à ne pas manquer », a estimé l’ambassadeur de la France à Ouagadougou, Emmanuel Beth. Selon lui, ce secteur est toujours dans la zone d’essai et sa rentabilité doit être envisagée dans le long terme.
Le directeur général de la fondation 2IE Paul Giniès estime que les biocarburants sont potentiellement « un levier de développement économique et social pour les pays africains, en réduisant la fracture entre le monde urbain et rural ».
Selon lui, si l’Afrique maîtrise la question de l’énergie, elle pourrait combler son retard dans les autres domaines. « Au commencement est l’énergie, tout le reste en découle »a-t-il dit, citant Cheik Anta Diop.
Quant au ministre des Mines, des Carrières et de l’Energie, Salif Kaboré, cette réunion représente une phase décisive car elle permettra de se pencher déjà sur la question des débouchés au profit des opérateurs économiques burkinabés qui ont beaucoup investi dans le biocarburant.
Le Burkina s’est lancé dans le développement du biocarburant à travers Belwet, une initiative privée visant la production du carburant à base de l’huile de jatropha.