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    Sénégal-Culture

    La parole a perdu sa sacralité dans nos sociétés (philosophe)

    APA-Dakar (Sénégal)

    Le chef du département de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le professeur Malick Diagne a déploré, mercredi à Dakar, la perte de la sacralité de la parole dans la société sénégalaise.

    « La force de la parole est diluée, elle n’a plus cette force qu’elle avait. La parole était sacrée parce qu’elle était inviolable. Ce n’était pas l’individu qui a donné sa parole qui devrait se donner les moyens de la respecter, mais la société », a argumenté le professeur Diagne.

    Il s’exprimait à la clôture du séminaire sur l’esthétique de la parole organisé par le département de philosophie de l’Ucad.

    Poursuivant, le professeur Malick Diagne a souligné qu’avec l’héritage de la colonisation occidentale, tout se fait sur engagement écrit. « Cela fait qu’il y a une sorte de délaissement de cette parole au profit de l’engagement écrit. C’est pourquoi, la parole n’a plus cette force qu’elle avait du temps des sociétés précoloniales », a-t-il dit.

    Il a ajouté : « Dans cette société de l’oralité, il n’y avait pas de document écrit. Quand il s’agissait de prendre un accord, c’était juste sur la parole donnée car, il y avait un certain mécanisme permettant aux uns et aux autres de respecter leur parole ».

    Pour sa part, le professeur Babacar Mbaye Diop, enseignant au département de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, « la parole doit être sacrée, une fois qu’on la sort on ne doit pas se dédire car, ce qui fait la personne c’est aussi la parole ».

    « Une fois qu’on dit une chose, on  doit la faire. Il y va même de la morale. La parole est un pouvoir, elle est sacrée, elle est même divine », a dit l’universitaire.


    OKF/te/APA

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