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    Mort de Fallou Sène : les enseignants du supérieur en grève de 48h

    APA – Dakar (Sénégal) -

    Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) du Sénégal a décrété, à partir de ce mercredi, une grève de 48h pour marquer sa solidarité aux étudiants suite à la mort de leur camarade Mouhamed Fallou Sène lors d’échauffourées survenues hier avec les gendarmes à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord).

    « C’est regrettable, c’est une situation vraiment déplorable ! Le Saes marque son soutien et sa solidarité envers les étudiants. C’est pour cela que le SAES a décidé de décréter à partir de demain (mercredi) et jeudi 48 heures de grève pour marquer sa solidarité envers les étudiants », a déclaré le secrétaire général du SAES, Malick Fall, sur les indes de la Radio futurs médias (privée).

    Déplorant surtout « une réaction disproportionné des forces de l’ordre face à des étudiants » qui avaient soumis « une demande légitime de paiement des bourses », le syndicaliste n’exclut pas avec ses camarades « de voir avec (leurs) avocats la possibilité de (se) constituer en partie civile ».

    Il s’agit du « énième cas de bavure des forces de l’ordre », a-t-il dénoncé avant de lister une chaîne de responsabilités ayant conduit à ce drame.

    « Autant le recteur de l’Université de Saint-Louis (Baydallaye Kane) a une responsabilité avérée dans cette affaire, compte tenu de la note qu’il a sortie hier (mesures prises contre les étudiants sans ticket de restaurant), autant les autres membres du gouvernement ont la leur dans cette chaîne, notamment les ministres de l’Intérieur (Aly Ngouille Ndiaye), de l’Enseignement supérieur (Mary Teuw Niane) et de l’Economie et des Finances (Amadou Bâ) », a soutenu Malick Fall.

    Fallou Sène, étudiant en 2e année de Lettres à l’UGB, est mort d’une balle reçue au bassin, lorsqu’avec plusieurs de ses camarades étudiants il s’était heurté à un barrage de gendarmes qui voulaient les empêcher d’accéder au restaurant du campus où ils comptaient manger gratuitement, vu que leurs bourses ont tardé à être payées.

    Peu après ce drame, les étudiants des universités publiques de Dakar, Ziguinchor et Bambey ont organisé de violentes manifestations ponctuées d’affrontements avec les forces de l’ordre pour exprimer leur indignation.

    C’est dans des circonstances similaires que les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Bassirou Faye (2014) et Balla Gaye (2001) ont été tués par les forces de l’ordre.


    ODL/cat/APA

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