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    Mutualité : Vers la création d’une structure mutualiste mondiale (Président de l’UAM)

    APA-Rabat (Maroc)

    Le président de l’Union Africaine de la Mutualité (UAM), M. Abdelmoula Abdelmoumni a annoncé, jeudi à Genève, la création d’une structure mutualiste mondiale, dont la cérémonie de lancement aura lieu le 5 juin prochain dans les locaux des Nations Unies à Genève.

    « Mues par la volonté de réconcilier les principes d’équité et de justice sociale avec le développement économique et de progresser les niveaux de couverture sociale, l’UAM que le Maroc préside, et l’Organisation des entités mutuelles des Amériques (ODEMA) ont pris l’initiative de créer l’Union Mondiale de la Mutualité (UMM), dont la cérémonie de lancement aura lieu le 5 juin prochain dans les locaux des Nations Unies à Genève », a dit M. Abdelmoumni dans son allocution prononcée lors de la 107ème session de la Conférence Internationale du Travail qui se tient du 28 mai au 8 juin à Genève.

    Selon M. Abdelmoumni, qui assure également la présidence du Conseil d’Administration de la Mutuelle Générale du Personnel des Administrations Publiques du Maroc (MGPAP), l’UAM et l’ODEMA ont travaillé de concert depuis 2010 pour développer et unifier le monde mutualiste, ajoutant que cette structure mutualiste mondiale contribuera à promouvoir l’économie sociale et solidaire et à assurer une bonne organisation des mutuelles.

    L’UMM devra couvrir un large éventail de secteurs d’activité tels que l’agriculture, la pêche, le tourisme, l’éducation, le microcrédit, l’assurance, l’artisanat…., outre le secteur de la santé, a-t-il fait savoir.

    S’attardant sur le secteur de la mutualité en Afrique et les actions menées par l’UAM, M. Abdelmoumni a souligné que la faiblesse du taux de couverture sociale en Afrique demeure une question « préoccupante » au regard de l’ampleur de la pauvreté. C’est ainsi que les crises économiques qui se sont succédé, ont entraîné le désengagement de l’Etat et  eu pour conséquence une réduction des dépenses publiques, a-t-il expliqué, relevant que le secteur de la santé a été l’un des plus touchés par cette situation. « La gratuité des soins pour tous n’est plus assurée et il faut faire appel à la contribution des utilisateurs des services de la santé », a indiqué le président de l’UAM.

    Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 82% de la population africaine vit sans aucune protection sociale. Une telle situation peut constituer un obstacle significatif à l’éradication de la pauvreté et la réduction des inégalités, a-t-il regretté.

    Il va sans dire que la volonté de la consolidation de la dynamique mutualiste a incité les ONG dans ce domaine en Afrique à créer une union qui est en l’occurrence l’Union Africaine de la Mutualité (UAM), dont le siège est basé à Rabat depuis 2013.

    Cette organisation qui anime le travail de mise en réseau du mouvement mutualiste africain constitue une interface entre les mutuelles africaines et les autres acteurs du secteur dans d’autres continents pour la représentation et la défense des intérêts communs de ses membres. Elle constitue en même temps en Afrique un instrument de coordination et d’assistance technique en matière de mutualité et dans les domaines y afférents, a-t-il fait savoir.

    Actuellement, l’UAM compte plusieurs mutuelles et fédérations appartenant à 20 pays membres, dont 12 signataires des statuts de cette Union.

    Pour M. Abdelmoumni, les mutuelles sont au coeur de l’action et de la prévoyance sociale et constituent un acteur principal dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Toutefois, les mutations successives et profondes que connaît l’environnement de la Mutualité engendrent de nouveaux défis que les mutuelles ont à surmonter pour la pérennisation de leurs actions.

    Ceci étant et eu égard au fait que les mutuelles gèrent les cotisations et participations de leurs membres, l’application des règles de la bonne gouvernance s’impose dans l’organisation et la gestion de ce service. C’est ainsi que l’UAM a, lors des journées d’études sur la gouvernance mutualiste en Afrique, organisées les 1er et 2 décembre 2017 à Rabat, procédé à l’adoption de la charte de la gouvernance des mutuelles africaines membres de l’UAM ainsi que la Déclaration de Rabat sur la gouvernance mutualiste.

    Le président de l’UAM n’a pas manqué de souligner dans son allocution que le secteur de la mutualité joue un rôle fondamental pour asseoir « la paix sociale », condition sine qua none pour que « l’enterprise puisse produire et se développer, contribuant ainsi à l’amélioration du Produit National Brut (PNB) et à la création d’emplois, vecteurs incontournables pour combattre la pauvreté, l’exclusion et à la précarité ».

    Et d’insister sur le fait que la composante mutualiste est indispensable pour la réussite de tout projet social régional visant la réduction des disparités spatiales et le désenclavement des zones difficiles d’accès, ce qui est de nature à bâtir une meilleure interconnectivité et solidarité entre les régions, pilier fondamental de l’intégrité territoriale des pays.

    HA/APA

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