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    OIF : « Louise Mushikiwabo bénéficie d’une triple légitimité » (politologue)

    APA-Dakar (Sénégal) Par Ibrahima Dione

    Le Sénégalais Ndiaga Loum, Professeur de Communication internationale au département des Sciences sociales de l’Université du Québec, a affirmé vendredi dans une interview accordée à la chaîne France 24, que l’élection de Louise Mushikiwabo n’est pas une surprise vu sa « triple légitimité ».

    « La candidate rwandaise bénéficie d’une triple légitimité à mon sens. Celle-ci est d’abord interne avec le soutien du gouvernement de son pays dont elle est le porte-voix de la politique étrangère depuis un certain nombre d’années. Elle a ensuite une légitimité continentale car, pour la première fois, c’est l’Union Africaine elle-même qui soutient une candidate faisant consensus en Afrique. Enfin, la troisième légitimité, qui me semble la plus importante, c’est qu’elle bénéficie du soutien de la France qui est le véritable décideur. On dit même que c’est elle qui gérait la candidature », a commenté Ndiaga Loum.


    Michaëlle Jean, élue Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en 2014 à Dakar (Sénégal), briguait un second mandat mais son pays le Canada a finalement décidé de s’allier à l'Union africaine, la France et la Belgique, toutes favorables à sa rivale Louise Mushikiwabo.


    Pour M. Loum, titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie, le choix d’Ottawa relève principalement d’un calcul. « Diplomatiquement, le Canada, comme la France, a beaucoup à gagner en soutenant la candidature africaine pour des raisons internes parce que le Canada envisage de se redéployer un peu plus dans le continent africain. La deuxième chose est que Michaëlle Jean, la représentante du Canada au sein de la Francophonie, fait face à des accusations de mal gouvernance, de corruption et de concussion. Ce sont des thématiques qui sont extrêmement importantes pour la diplomatie canadienne », a souligné l’universitaire.


    De nombreux spécialistes disent ne pas comprendre le choix porté sur la candidate du Rwanda, un pays qui privilégie actuellement l’anglais au détriment du français et dont l’exécutif est souvent accusé de fouler aux pieds les droits de l’Homme. Mais selon Ndiaga Loum, en matière de relations internationales, « la gouvernance économique l’emporte sur les questions de droits de l’Homme ».


    Louise Mushikiwabo (57 ans), qui était jusque-là ministre rwandaise des Affaires étrangères, a été désignée, vendredi à Erevan (Arménie), par consensus à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pour un mandat de 4 ans. Son triomphe a été acté lors d’un huis clos des Chefs d’Etat et de gouvernement membres de plein droit à l’occasion du 17ème Sommet de la Francophonie qui se tient à Erevan, la capitale de l’Arménie.




    ID/te/APA

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