Côte d’Ivoire-Société

Plus de 23% de la population en Afrique subsaharienne en insécurité alimentaire

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)

La sous-alimentation et l’insécurité alimentaire connaissent une hausse sans précédent, en Afrique subsaharienne avec plus de 23% de la population en insécurité alimentaire et 21% en sous-alimentation, a déploré, lundi à Abidjan, le Vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan.

Il s’exprimait à l’ouverture de la concertation régionale sur l’état d’avancement des feuilles de route pour l’élimination de la faim et de la malnutrition en Afrique organisée par le Centre d’excellence régional contre la faim et la malnutrition (CERFAM), en collaboration avec le Conseil national pour la nutrition, l’alimentation et le développement de la petite enfance (CONNAPE) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Cette rencontre de la capitale économique ivoirienne réunit plusieurs participants issus des pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale qui ploient sous le fardeau de la faim et de la malnutrition.  « Le recul de ces fléaux a  été intolérablement lent et inégal et frappent notre région, nos pays respectifs avec acuité », a fait observer le Vice-président ivoirien.

« La malnutrition chronique ou retard de croissance, affecte en Afrique 30,3% de nos enfants de moins de cinq ans, pour un seuil acceptable de 20% selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », a ajouté Daniel Kablan Duncan, également Président du CONNAPE et facilitateur national pour l’examen stratégique Faim Zéro.

Les crises socio-politiques, l’explosion démographique, le faible accès aux services sociaux de base, le changement climatique, l’érosion des sols, sont autant de facteurs qui les déterminent. Ces réalités font de l’alimentation et de la nutrition une préoccupation et des enjeux majeurs pour les sociétés africaines et surtout pour les générations futures. 

« A l’instar des pays de la sous-région, la Côte d’Ivoire n’échappe pas à ce fléau. Si certains indicateurs nutritionnels présentent une bonne tendance en vue d’atteindre les cibles de l’OMS d’ici 2025, notamment la prévalence de la malnutrition chronique, qui est passé de 29,8% en 2012 à 21,6% en 2016, ces moyennes nationales cachent encore des disparités régionales », a-t-il relevé.

Par ailleurs, la sous-alimentation a légèrement baissé, de 17,6% à 15,4% sur la période 2000-2015, avec une projection attendue de 12% à l’horizon 2030.

L’insécurité alimentaire modérée est la forme la plus répandue en milieu rural ivoirien et touche 10,8% des ménages selon les données de 2018. L’accès aux aliments constitue la principale cause de l’insécurité alimentaire.

 Cependant, la disponibilité alimentaire bien qu’elle soit globalement satisfaisante au plan national, elle est soumise à des pertes post récolte et post capture variant de 30% à 40% dues à de faibles capacités de conservation et de transformation des produits.

A l’échelle mondiale, la malnutrition serait responsable d’une perte de 11% du Produit intérieur brut (PIB). Par ailleurs, les enfants qui souffrent de malnutrition gagnent 20% de revenus de moins à l’âge adulte que les enfants qui sont bien nourris. Cela résulte en partie des impacts de la malnutrition chronique sur le développement cognitif, ainsi que sur la productivité physique et la santé de ces enfants.

A ce jour, sur les 24 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, 20 pays SUN (Scaling Up Nutrition) sont engagés dans le renforcement de la lutte contre la malnutrition.

 Parmi ces pays, 16 ont réalisé l’Examen stratégique « Faim Zéro » et ont élaboré leur feuille de route pour  l’élimination de la faim et de la malnutrition sous toutes ses formes.

Le premier Centre d’excellence régional contre la faim et la malnutrition en Afrique (CERFAM), a été lancé, fin mars à Abidjan, en présence du roi de Losotho, Sa Majesté Letsie III, champion de la nutrition de l’Union africaine (UA).

Dirigé par Issa Sanogo, ce Centre devrait permettre de répondre à la demande de renforcement des capacités nationales et régionales dans un partenariat Sud-Sud pour atteindre l’Objectif de développement (ODD) numéro 2.

LS/APA

Réagir à cet article