Chaque mois, explique-t-il, l’ONG Urgences Panafricanistes organise « une démarche bicéphale, des actions sociales dont des campagnes nationales de micro-crédits sans intérêts auprès des familles défavorisées à Cotonou, au Bénin et l’autre versant qui est politique. Ainsi chaque mois, Burkina Faso, Niger…nous mobilisons les populations sur les questions de néo-colonialisme  pour les sensibiliser sur le manque de souveraineté de nos pays. C’est dans ce cadre-là que nous sommes à Abidjan».

Sur l’agenda abidjanais du pourfendeur du franc CFA, figurent des conférences publiques sur cette monnaie que Kemi Seba qualifie de « scandale économico-politique d’ordre colonial » pour les pays de la zone franc du continent.

« Le franc CFA est un désastre monumental et monétaire pour le continent africain. C’est une machine à brouiller l’économie africaine, notamment celle francophone, favorisant ainsi, son sous-développement », a- t-il relevé.

Selon lui, « le système de la zone franc entraîne la faiblesse des échanges entre les économies des pays d’Afrique de la zone Franc et 15% d’échanges entre les pays de cette zone contre 60% au sein des pays de l’Union européenne. Les économies africaines de la zone franc d’où les banques rationnent en crédit et prêtent peu, souffrent de sous-financement chronique », a-t-il déploré.

L’activiste Kemi Seba, bien connu des tribunaux français, indexe les dirigeants africains  qui sont « plus obsédés par l’inflation que par la croissance économique », dénonçant « un droit de véto d’administrateurs français au sein des banques centrales africaines ».

Pour le Franco-béninois, « la politique monétaire de la France en Afrique impose aux banques centrales de la zone Franc à reverser 50% de leurs avoirs extérieurs au trésor public français, ce qui signifie que les États africains financent l’état français, en l’échange de la garantie de ce dernier ».

Le 19 août 2017, lors d’un rassemblement de son mouvement à Dakar, Kemi Seba avait  brûlé un billet de 5000 FCFA. Arrêté par la police sénégalaise sur plainte de la banque centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), il avait été relaxé par la justice, une semaine plus tard.

HS/ls/APA