Tandja veut construire un Niger de dialogue et de démocratie, selon le porte-parole du gouvernement
APA-Niamey (Niger)
Le Président Mamadou Tandja, qui fait l’objet de vives critiques de la part de certains partenaires de son pays et d’organisations internationales, veut construire un « Niger de dialogue, de démocratie profonde tourné vers le développement et le progrès » a affirmé jeudi Moctar Kassoum, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement nigérien, dans un entretien téléphonique avec APA.
« Il ne s’agit pas de résister (…) nous avons ouvert le dialogue démocratique dans le pays en vue de construire un Niger qui a besoin de la communauté internationale, un Niger davantage tourné vers le développement et le progrès » a-t-il indiqué, au lendemain de la suspension par Washington de son aide financière à Niamey.
A l’instar de l’Union européenne, premier partenaire au développement du Niger, les USA expriment ainsi leur rejet du maintien au pouvoir du Président Tandja, qui reste à la tête de son pays, grâce à l’adoption d’une Constitution en août dernier.
Les Etats Unis fournissent annuellement une enveloppe de 30 millions de dollars pour favoriser le développement du Niger dans divers secteurs liés à l’éducation, la gouvernance et la lutte contre la corruption.
Selon le porte-parole du gouvernement « il est regrettable qu’une grande démocratie comme les Etats-Unis ne puisse pas donner une chance au dialogue que nous avons ouvert » faisant allusion aux consultations entre pouvoir et opposition qui se déroulent à Niamey sous l’égide de la CEDEAO.
« Nous ne nous reprochons rien (…) il n’y a rien d’antidémocratique qui se passe au Niger (…) il a été organisé des élections dans le pays qu’une partie a choisie de boycotter et essaie ainsi de créer une certaine confusion » a-t-il tranché.
Le référendum ayant abouti à la mise en place d’une nouvelle république assortie d’une rallonge de trois ans du mandat présidentiel fait l’objet de vives critiques de la Communauté internationale et de l’opposition politique nationale, qui l’a boycotté.
L’officiel nigérien a affirmé que son gouvernement reste « intransigeant » sur l’avènement des nouvelles institutions, « voulu par les Nigériens qui ont souverainement opté pour une nouvelle république, avec un modèle de développement ».
« C’est un acquis démocratique. Nous allons aplanir toutes les divergences nées de l’interprétation souvent erronée de ce qui se passe au Niger où nous instituons une culture de dialogue, basée sur la démocratie » a-t-il dit.
Le ministre Kassoum a invité les partenaires de son pays à ne pas les
« dévier » de leur démarche tendant à bâtir un « Niger de progrès, où la démocratie s’enracine et devient un acquis inaliénable ».
Il a réaffirmé la disposition de son gouvernement à « dialoguer », excluant cependant toute « remise en cause du processus démocratique au Niger », depuis l’avènement du référendum, qui maintient le Président Tandja au pouvoir jusqu’en 2012.
Gouvernement et opposition sont divisés depuis l’adoption par un référendum controversé d’une nouvelle Constitution qui prolonge de trois ans son mandat présidentiel, alors que le dirigeant nigérien devait théoriquement achever son dernier quinquennat le 22 décembre dernier.
Elu en 1999 et en 2004 par les urnes, au terme d’un processus électoral jugé transparent, le président Tandja, un ancien colonel de 71 ans, reste au pouvoir, en vertu de la nouvelle Constitution qui ne comporte pas de limitations de mandat.