Des milliers de membres de la Confédération syndicale internationale – Région Afrique (CSI-Afrique), ont effectué ce vendredi 28 février 2025, une marche citoyenne, à Grand-Bassam, à 40 Km au Sud-Est d’Abidjan, à l’occasion de la 15e édition du Forum de la rentrée syndicale de l’organisation.
La marche organisée par la Confédération syndicale internationale – Région Afrique (CSI-Afrique), qui a débuté à l’entrée Nord de Grand-Bassam, une station balnéaire, s’est achevée à la préfecture de cette ville historique, première capitale de la Côte d’Ivoire, classée patrimoine mondial de l’UNESCO.
A travers cette marche pacifique, la CSI-Afrique et les syndicats du continent se mobilisent contre l’endettement de l’Afrique. La crise de la dette sur le continent a atteint des proportions alarmantes, compromettant le progrès social et économique.
« Après analyse, les recherches économiques et scientifiques des syndicalistes, il est apparu que la dette joue un rôle important dans la vulnérabilité de beaucoup de populations et dans la dégradation de la protection sociale », a dit Soro Mamadou, 1er vice-président de la CSI-Afrique.
« C’est pourquoi, tous les syndicats d’Afrique, à l’endroit des pays d’Afrique, ont organisé cette campagne de marche citoyenne pour demander à la communauté internationale et aux institutions de Bretton Woods (…) que ces dettes soient reconverties en des projets sociaux », a lancé Soro Mamadou.
Pour Soro Mamadou, secrétaire général de la Centrale syndicale ivoirienne Humanisme, « il y a des dettes illégitimes, des dettes qui engendrent la précarité et nous demandons leur suppression immédiate par les institutions de Bretton Woods, les multinationales et les pays développés ».
« Nous souhaitons que les organisations syndicales des différents pays soient inclues dans le processus pour une plus grande transparence », a ajouté Soro Mamadou, exhortant les Etats africains à « se pencher réellement sur la couverture en matière de protection sociale des travailleurs ».
« Relevez le salaire minimum, relevez le salaire vital. Nous demandons que la paix et la sécurité, nos Etats puissent les garantir », car ce sont les préalables à l’épanouissement des employés, a déclaré le secrétaire général de la Centrale Humanisme.
De nombreux Etats africains ont eu recours à des emprunts excessifs pour financer le développement, les infrastructures et les services publics. Cependant, le fardeau du service de la dette et les conditions strictes des bailleurs de fonds ont coûté très cher aux citoyens, en particulier à la classe ouvrière.
La dette publique ivoirienne s’est établie en 2023 à 55,8 % du PIB, un niveau proche du seuil de 60% recommandé par le Programme de coopération monétaire africaine (PCMA). Cette tendance s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique.
Sur le continent, l’augmentation de la dette a entraîné des mesures d’austérité, une réduction des dépenses publiques consacrées aux services essentiels, et une érosion des droits des travailleurs. Le remboursement de la dette épuise les ressources nationales, laissant peu de place aux investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures qui bénéficieraient directement aux citoyens.
AP/Sf/APA







