« Dans les pays de l’espace Cedeao, le total des taxes hors TVA ne représente que 30% du prix moyen de vente des cigarettes, 62% en moyenne dans l’Union européenne, alors que la Convention cadre de lutte contre le tabac de l’Organisation mondiale de la santé ratifiée par l’ensemble des 15 Etats membres, indique bien en son article 6 que ce taux doit être égal au moins à 70% », a déclaré Abdoulaye Diagne, directeur exécutif du Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres).


Il s’exprimait à l’ouverture de la Conférence régionale de dissémination des résultats de recherche de la phase 2 du projet recherche-action sur la fiscalité du tabac en Afrique de l’Ouest qui se tient dans la capitale sénégalaise.

Au cours de cette rencontre de deux jours, les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) vont essayer d’accorder leur violon pour revoir à la hausse les taxes applicables au tabac pour en diminuer sa consommation.


Le tabagisme est devenu, au fil des années, un véritable problème de santé publique. Pour contrecarrer son avancée, la fiscalité se révèle comme un bouclier efficace. « La consommation de tabac ne connaît une diminution significative et continue que dans les pays qui ont adopté une politique d’augmentation forte et régulière des prix de vente des produits du tabac à travers un relèvement important des niveaux de taxes », a informé le professeur Abdoulaye Diagne.


De son côté, Lassana Sidibé, Conseiller technique N°2 au ministère de la Santé et de l’Action sociale, n’a pas manqué de saluer les actions du Cres, dont « les résultats des recherche permettront sûrement d’accentuer la lutte contre le tabagisme dans la sous-région ».


Pour mener à bien son projet de recherche sur le tabac, le Cres a pu compter notamment sur l’appui du Centre de recherche pour le développement international du Canada (CRDI). « Notre apport dans ce projet se chiffre à 700 000 dollars canadiens, soit près de 300 millions F CFA pour une durée de deux ans et demi », a indiqué Natacha Lecours, agent responsable du CRDI.


A en croire Salifou Tiemtoré, le directeur des douanes à la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), « la lutte contre le tabac doit être collective car, aucun Etat ne peut réussir seul ». En outre, il a appelé de ses vœux « l’harmonisation des directives de l’Uemoa et de la Cedeao, ce qui faciliterait la tâche aux Etats de ces espaces communautaires ».


A l’heure actuelle, le tabagisme est responsable de la mort de 6 millions de personnes dans le monde. Mais selon une projection macabre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabac sera, d'ici 2020, la principale cause de décès et d'incapacité sur la planète, avec plus de 10 millions de victimes par an.



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