Le panel de haut niveau à enregistré la participation de Mme Arancha GONZALES, Directrice exécutive du Centre International pour le Commerce (ITC), de Mme Ana B. HINOJOSA, Directrice de Compliance and Facilitation (Directrice de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD), de M. Kolawole SOFOLA, agent principal de programme-Commerce Multilatéral (Commission CEDEAO) et M. Ibrahima Nour Eddine DIAGNE, président d’African Performance Institute (API).

Ouvrant les travaux le ministre sénégalais a considéré la problématique du commerce électronique comme un enjeu à la fois national, régional, continental et global. Il est revenu sur le caractère transversal de la question qui exige donc une approche concertée et consultative. La réussite dans l’entreprenariat numérique ou pas tient lieu, selon lui à trois facteurs, à savoir les talents, les technologies et le capital. Il a partagé avec l’assistance les nombreux efforts du gouvernement sénégalais pour soutenir l’entreprenariat en général et le numérique en particulier.

En faisant la présentation introductive, Monsieur Ibrahima Nour Eddine Diagne est revenu sur le défi de faire du E-commerce un levier de création de valeur pour les économies africaines. Il a insisté sur le fait que la plupart des freins au commerce électroniques ont été contenus progressivement au cours de la dernière décennie. Mais il a souligné que de nouveaux défis pointent et menacent la valorisation du E-commerce en Afrique. A son avis, il s’agit essentiellement des avancées technologiques rapides, de la concentration du marché autour des géants du numérique, des enjeux sur les données et la réglementation.

Face à cette révolution silencieuse, Alioune Sarr a affirmé que l’Afrique courrait un risque de marginalisation accrue, si elle se contente d’observer les transformations sans les anticiper. Il a avancé quelques idées de nature à faciliter le positionnement de l’Afrique dans le commerce électronique. Parmi ces idées, on peut noter la mise en place dans chaque pays d’un E-commerce Academy pour renforcer les compétences ainsi que la mise en place d’un E-Commerce Factory pour concentrer toutes les capacités, informations, compétences en un lieu unique de sorte à appuyer les entrepreneurs mais aussi à protéger les consommateurs.

A sa suite, Mme Arancha GONZALES, la Directrice Exécutive du Centre pour le Commerce International a centré son intervention sur la nécessité de considérer que c’est bien la 1ère évolution digitale et non la 4ème révolution industrielle qui se déroule sous nos yeux.

Pour elle, les gouvernements doivent se concentrer sur les 3 principaux piliers suivants : Mettre la régulation adéquate, promouvoir l’entreprenariat, favoriser le dialogue public privé. Elle a aussi insisté sur l’importance de la promotion de l’innovation

Lui emboitant le pas, Mme Ana HINOJOSA, Directrice de l’Organisation mondiale des douanes a souligné l’importance grandissante du commerce électronique transfrontalier et des problèmes qu’il engendre pour les administrations douanières qui doivent à la fois veiller à la sécurité, la facilitation et la collecte de revenus. Elle a précisé que tous les pays n’ont pas la même priorité par rapport au commerce électronique. Elle a aussi mentionné que le volet des services n’est pas couvert par les travaux de l’OMD sur le commerce électronique. A ce sujet, elle estime que la formation et la sensibilisation sont d’une grande importance pour favoriser les comportements qui limitent les risques.

La représentante du World Economic Forum a, de façon pragmatique, souligné que la prise en compte des problèmes du commerce électronique peut faire l’impasse de la considération des aspects suivants : mettre en œuvre l’accord sur la facilitation des échanges, appliquer les règles sur les transactions électroniques, assurer la protection juridique des consommateurs et cela dans un contexte harmonisé, se soucier de la gouvernance des données et enfin s’assurer de la disponibilité des moyens de paiement sûrs et efficaces.

Monsieur Kolawole SOFOLA de la CEDEAO a clôturé le panel en mettant l’accent de nouveau sur les compétences, la propriété intellectuelle et l’investissement sur les infrastructures de support du commerce électronique.

Clôturant le panel, le ministre Alioune Sarr est revenu sur la dimension régionale avec la ZLECA et sur la disponibilité d’un mécanisme de financement adéquat.

Adressant ses remerciements aux participants, le président d’API, Ibrahima Nour Eddine Diagne, organisateur de la session, a redit la nécessité de concentrer les efforts et d’agir vite compte tenu des risques liés au statu quo.

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www.performance-institute.org