Huit établissements d’enseignement supérieur étaient représentés au départ, dont l’Université publique Assane Seck de Ziguinchor. Mais à la fin, ce sont les représentants de l’ISM et de l’IPG-ISTI, deux instituts privés, qui ont mieux convaincu le jury grâce à leurs projets innovants.

Les premiers ont réalisé une application qui indique à l’automobiliste quelle partie de la route est plus fluide pour éviter les embouteillages, tandis que les seconds ont conçu une montre en rapport à la pharmacie et à la médecine.

Ce potentiel des étudiants africains, particulièrement sénégalais, a été l’occasion (en marge d’un panel axé sur le thème « Intelligence artificielle et génération future d’emplois ») pour beaucoup d’acteurs du secteur des technologies de débattre sur comment « utiliser cette technologie pour améliorer la qualité de vie des Africains ».

Cette interrogation a suscité à la fois un « optimisme » et un « pessimisme » chez la directrice de CTIC Dakar (premier incubateur en Afrique de l’ouest), Régina Mbodj.

Parce que « nous avons des jeunes avec beaucoup de potentiel. (…) Mais ce qui manque dans notre environnement, c’est le soutien (financier, matériel, …) » afin d’être aussi performant que les « toubabs » dont on s’émeut de la créativité jusqu’à ne plus les considérer comme des humains (toubab dou nite, en wolof), a-t-elle expliqué en substance, appelant ainsi l’Etat à s’approprier « les solutions développées par les jeunes startupers ».

Pour le professeur agrégé en droit, Abdoullah Cissé, il faut « refonder le système éducatif » qui pour lui est « obsolète ». « Avec la révolution numérique, l’humanité est entrée dans un nouvel âge. Mais le jour où on maîtrisera la technologie artificielle, elle entrera dans sa phase adulte », a souligné l’expert.

De son côté, le parrain, l’ancien ministre de la Communication sous Wade, Moustapha Guirassy, également directeur général de l’Institut africain de management (IAM), il va falloir à la base que cette science soit « au service d’une passion et d’une vision », avec comme véhicule : « l’éthique ».

Mais de toute façon, préconise Ibrahima Nour Eddine Diagne, administrateur général de GAINDE 2000, organisateur du concours, « la formation doit être structurée ».

Une forte mobilisation d’étudiants a été constatée à la finale de la quatrième édition de cette compétition, à travers laquelle GAINDE 2000 vise à accompagner les lauréats startupers vers l’autonomie et l’entreprenariat.


ODL/te/APA