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Maroc: immersion dans l'usine de gestion des véhicules gravement accidentés

APA-Rabat (Maroc)

La gestion des véhicules gravement accidentés (VGA) au Maroc, est un secteur qui sombre dans l’informel et reste dominé par les intermédiaires qui font la pluie et le beau temps et imposent leur pratiques, jugées illégales, une situation peu reluisante qui a poussé « GEPAVE », première entreprise marocaine, en Afrique et dans le monde arabe à se positionner à l’échelle nationale en réussissant à mettre de l’ordre dans le secteur à travers l’application stricte d’un processus inspiré de la loi VGA.

--Par Hicham Alaoui --

Née fin 2017 suite à une union d’ingénierie et d’études menées par des experts, la Sté GEPAVE a crée une nouvelle activité basée sur l’application de la loi et le développement d’un secteur resté longtemps informel.

« Il est primordial de rappeler que la société GEPAVE a été pensée et créée pour faire face à un grand mécontentement des clients et assurés qui souffrent des problèmes de mauvaise gestion des réformes de leurs véhicules, de problèmes de communication avec les différents intervenants, et surtout des conséquences de la non-conformité avec la Loi 52-05. En effet, plusieurs amendes et poursuites judiciaires continuent à ressurgir de temps à autre à cause de la non-application des dispositions de Loi relatives aux VGA », a tenu à expliquer le Directeur de GEPAVE, Wassim El Hallioui.

« Face à cette situation désolante, on ne pouvait pas rester comme un spectateur passif. A ce titre, la compagnie, qui a démarré officiellement ses activités en mars 2018, a réussi à convaincre des compagnies d’assurance à se rallier à ce projet avec la volonté de restructurer un domaine qui s’apparente  directement à leur secteur d’activité. Notre credo est  « Nous sommes tous responsables », a-t-il souligné dans une interview à APA.

GEPAVE s’est engagée à résoudre la problématique de gestion des véhicules gravement accidentés et s’est considérée comme une société citoyenne qui suit le chemin tracé par le Maroc dans la modernisation et la réorganisation de ce secteur, a-t-il précisé.

Et d’ajouter que la société GEPAVE a pris l’initiative de travailler sur ce chantier pour relever les défis majeurs existants (sur les plans juridique et technique) et contribuer à mettre de l’ordre dans ce secteur. Le principal challenge étant de gérer un secteur qui reste mal structuré, avec des pratiques informelles, non professionnelles et parfois illégales.

L’objectif premier étant d’intégrer l’un des principaux éléments importants qui sont les épavistes dans un processus structuré, qui répond aux exigences d’un secteur qui se veut l’un des piliers de l’économie nationale. Notre objectif étant également de contenir et au mieux d’éviter toute réclamation des assurés dont certains n’hésitent plus à se plaindre directement auprès de l'Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS).


Force est de constater que la valeur du marché des épaves, selon le processus de gestion de GEPAVE obéit à une variabilité de coûts selon des facteurs liés à la disponibilité des pièces de rechange, à la valeur vénale du véhicule et du prix de vente du véhicule d’occasion.

Cependant, certaines pratiques non conformes à la loi et à l’éthique du secteur persistent malheureusement toujours avec pour objectifs de maximaliser de façon illogique les valeurs d’épaves. Ceci passe soit par obtenir les contacts des assurés pour les marchander ou alimenter le marché des véhicules volés afin de masquer l’identité du véhicule en utilisant la carte grise de l’épave.

Ces pratiques qui prévalent malheureusement dans le secteur sont qualifiées pour le moins d’ « arnaque ». Ainsi, l’assuré se trouve face à des ferrailleurs anonymes et dont les négociations d’achat sont entachées par des pratiques arnaqueuses, s’est-il indigné. « Le véhicule gravement accidentés une fois cédé via un appel d’offres peut circuler sur la voie publique sans être réparé, ni contrôlé par les services concernés, ce qui constitue une menace routière et une infraction à la loi qui régit ce domaine. D’autant que l’ancien propriétaire risque de se voir poursuivi par des infractions qui ne les a pas commises du fait que la mutation du véhicules ne fait que tardivement », a-t-il expliqué.


Pour parer à cette situation, GEPAVE a institué un processus de gestion des épaves, qui est foncièrement conforme à la loi 52-05 sur la gestion des épaves, a-t-il affirmé.

Une fois le véhicule est déclaré réforme techniquement et économiquement, un certains nombre d’actions doivent être menées à commencer par le recours à l’expert qui est appelé à établir une fiche technique détaillée comportant l’état du véhicule et  ses caractéristiques, illustrée par des photos. Puis, il sera procédé au lancement d’un appel d’offre électronique consulté uniquement avec les ferrailleurs en contrat avec GEPAVE qui traite le remboursement des assurés avec une réduction des délais de paiement.

Par la suite, le véhicule passe à l’étape de réparation pour les cas d’une réforme économique et à la radiation des documents pour le cas technique. A ce stage, une visite après réparation justifiée par un compte-rendu partagé en ligne avec les compagnies, aura lieu. Ceci pour garder une traçabilité des données concernant les différents intervenants.

En somme, les objectifs de GEPAVE se résument en la restructuration du secteur dont les ferrailleurs constituent la composante essentielle, la conformité aux dispositions juridiques régissant le secteur, la garantie de la réparation du véhicule gravement accidenté dans le strict minimum exigé et la participation des ferrailleurs au développement du secteur dont ils sont l’épine dorsale.

Il s’agit également de centraliser l’information à travers la création d’une plateforme informatique dédiée spécialement à l’organisation des appels d’offres et à la gestion de la base de données, de limiter les réclamations déposées auprès de l’ACAPS et enfin de mettre fin aux transactions conclues en espèce.

GEPAVE est disposée  à partager son expérience avec les différents intervenants dans le secteur, ministère de tutelle, experts, compagnies d’assurance ou autres. Notre ambition est de réussir cette expérience et faire du Maroc une référence en matière de gestion d’épave en Afrique et dans le monde arabe, a assuré M. El Hallioui, d’un air optimiste.

« Il est grand temps de mettre fin aux pratiques informelles funestes », a-t-il vivement souhaité avant de rejoindre son bureau où un travail très méticuleux l’attend à longueur de journée.


HA/APA

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