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Les enseignants guinéens menacent de reprendre la grève

APA-Conakry (Guinée) De notre correspondant : Sadjo Diallo

Le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg) a menacé, vendredi, de reprendre la grève entamée depuis le 03 octobre 2018, date de la rentrée des classes, mais suspendue le 10 janvier dernier après la signature d’un protocole d’accord avec le Gouvernement.

« Le mouvement syndical guinéen, sera dans l’obligation de déclencher une grève générale et illimitée dans tout le pays jusqu’à ce que le protocole d’accord avec le gouvernement soit respecté pour l’avenir de notre pays », a déclaré Abdoulaye Sow, le secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (Ustg) à laquelle est affiliée le Slecg, au cours d’un point de presse.

Les syndicalistes, dans le cadre de la mise en place de la commission d’assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants, reprochent au ministre du Travail, de convoquer des centrales qui n’ont pas porté de revendications dans ce sens. « Un protocole d’accord ne vaut que par son application, sinon, ça ne sert à rien de se retrouver autour d’une table pour échanger », a indiqué M. Sow.

Dans le protocole d’accord signé avec le Slecg, le Gouvernement s’est engagé à dégeler les 3 mois de salaire des enseignants qui ont suivi le mot d’ordre de grève enclenchée depuis le 3 octobre dernier.

« Il (le gouvernement) entend aussi mettre en place, à compter du lundi 21 janvier 2019, une commission mixte (Gouvernement-SLECG-USTG) en vue de procéder à l’assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants. Les économies réalisées après cet assainissement seront affectées sur le salaire de base des enseignants. Les modalités de répartition seront définies en commun accord avec les acteurs concernés », avait annoncé l’inspecteur général du travail, Alya Camara lors de la signature de l’accord.


Selon lui, l’Etat mettra à la disposition de cette commission les ressources nécessaires pour la réalisation de cette opération.

« Le gouvernement accepte de rétablir à leurs postes les enseignants mutés ou démis de leurs fonctions pour fait de grève et d’engager à la fonction publique 10 homologues en service à l’université de Kindia (ouest) », avait dit l’inspecteur général du travail.

S’agissant des logements sociaux qui faisaient partie des revendications du SLECG, Alya Camara avait indiqué que « le gouvernement a initié un vaste programme de construction de logements sociaux dont la priorité sera donnée aux enseignants ».

Par ailleurs, l’inspecteur général du travail avait informé que le gouvernement promet de poursuivre le paiement des 40% d’augmentation de salaire accordée aux enseignants ayant fait valoir leurs droits à la retraite au 31 décembre 2017.

Les deux parties se sont entendues sur la mise en place d’un comité mixte de suivi et évaluation dudit accord et d’après Alya Camara nul ne sera désormais sanctionné ou poursuivi pour fait de grève.

Sur les 12 points de l'accord, aucun ne renvoie à la principale revendication du SLECG de porter à 8 000 000 GNF (environ 500 000 FCFA) le salaire de base des enseignants. Toutefois, ils ont accepté de suspendre la grève, tout en s’engageant à organiser des cours de rattrapage à tous les niveaux pour combler le retard accusé depuis le 3 octobre, jour d’ouverture des classes.



SD/te/cd/APA

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