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Décès du milliardaire camerounais Victor Fotso (famille)

APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola

Le milliardaire camerounais Victor Fotso, 94 ans, est décédé vendredi à Paris des suites de maladie, a appris APA auprès de la famille

N’ayant pas franchi le cap du Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), cet autodidacte quitte la maison familiale après avoir reçu quelques rudiments dans le domaine du petit commerce, puis se rend à Bafoussam (Ouest), ville voisine de son Bandjoun natal où il exerce dans la rue en vendant de la banane douce et des arachides grillées. Récupéré ensuite par un oncle tailleur, il récupère une partie de la production de l’atelier qu’il propose aux piétons.

 Peu avant l’indépendance du Cameroun, en 1960, Victor Fotso s’impose déjà comme un acteur dans un secteur commercial alors dominé par des négociants grecs, hollandais ou encore français.

 En 1956 en effet, son centre commercial, érigé «à l’européenne», a pignon sur rue dans la ville de Mbalmayo située à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Yaoundé. Déjà présent dans le secteur du transport terrestre, il s’associe au Français Pierre Castel, promoteur des Brasseries et glacières internationales (BGI) et spécialisé dans l’importation des vins et spiritueux.

 Son flair du business le conduit également dans le monde très fermé de l’industrie : il se met avec autre Français, Jaques Lacombe, dans l’exploitation de la Société industrielle et forestière des allumettes (SIFA), d’où naîtra l’Union allumettière équatoriale (Unalor) aujourd’hui propriétaire la mythique marque «Le Boxeur».

 «Le jour où mon père me tendit la main pour m’emmener à Hiala (un marché des alentours de Bandjoun), j’eus le sentiment qu’il ouvrait la porte de mon destin, que la route serait dure, mais qu’elle était la seule et qu’elle valait tous les sacrifices», écrit-il dans son autobiographie «Le chemin de Hiala», parue en 1994 aux éditions Septembre.

 Au début de la décennie 70, Victor Fotso est le patron de la Société de fabrication de cahiers (SAFCA), un autre secteur en plein essor mais jusque-là tenu par des étrangers. Désormais, son empire s’étend de la pile électrique à l’hôtellerie en passant par l’emballage, la chimie, la banque, l’agro-industrie, le transport aérien ou encore la banque, les deux derniers domaines cités ayant toutefois fait long feu.

 Membre titulaire du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), dont il est également un des financiers, on le présentait également comme un des derniers intimes du président Paul Biya.

 Sa ville natale, dont il était le maire depuis 1996, lui doit son essor actuel grâce à l’érection, à titre gracieux, de nombreux ouvrages et services de base. A Bandjoun, Victor Fotso est ainsi le «Fô Wagab», le chasseur qui revient d’une partie et distribue le gibier à la communauté.


FCEB/cgd/APA

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